Dakar, 4 juil (APS) – L’État du Sénégal, le ministère de la Culture et du Patrimoine historique en particulier, souhaite arriver à une inter-professionnalisation des maisons d’édition dans l’optique de “mieux les impulser”, indique le directeur du livre et de la lecture (DLL), Ibrahima Lô.

“Dans la politique de régulation des maisons d’édition, la finalité est d’arriver à une inter-professionnalisation pour mieux impulser le secteur”, a-t-il déclaré, dans un entretien accordé à l’APS.

Selon Ibrahima Lô, en attendant la loi sur le livre dont le projet est dans le circuit législatif en vue de son adoption, l’État, en parfaite intelligence avec les associations faitières, essaie de réguler ce secteur par une assistance multiforme, notamment la formation, la capacitation, l’appui financier et la subvention.

Depuis la mise en place du Plan Sénégal émergent (PSE), a-t-il rappelé, l’État du Sénégal, à travers le Fonds d’aide à l’édition, doté de six cents millions de francs CFA.

Cette structure, créée en 2004 et opérationnelle depuis 2009, veut apporter aux maisons d’édition le soutien qu’il faut, en vue d’accroître leur mutation en de véritables industries culturelles pourvoyeuses d’emplois et de richesses, pour influer considérablement sur le produit national brut, a-t-il précisé.

Citant des statistiques datant de 2020, année de la création du fonds force COVID, il a rappelé que le nombre de maisons d’édition était estimé à l’époque à environ 70 entreprises.

Ce nombre peut toutefois être revu à la hausse, du fait de l’existence de certaines maisons qui, jusque-là, ne se sont pas déclarées au niveau de la tutelle, a-t-il déclaré.

Les bénéficiaires du fonds d’aide contrôlés en amont

Il signale qu’un contrôle est fait en amont dans le cas où une maison d’édition bénéficie d’une subvention du fonds d’aide. M. Lô précise que ce contrôle est réalisé au travers d’un contrat dûment signé et dont les articles définissent les obligations de la structure bénéficiaire.

“Sur la question de la ligne éditoriale, il faut souligner qu’au Sénégal, il n’y a pas de censure, à vrai dire”, soutient-il. Pour autant, cela n’exclut pas la probabilité, pour le ministère de l’Intérieur, d’un contrôle susceptible d’entrainer des mesures restrictives, relativise-t-il.

Pour la qualité à proprement parler des publications, il y a une sélection naturelle faite par le public, mais surtout par l’État, à travers l’octroi de prix récompensant les meilleures productions aussi bien au niveau de la forme que du fond.

D’après Ibrahima Lô, la création d’une maison d’édition repose d’abord sur les mêmes critères que ceux instituant une entreprise selon les lois en vigueur au Sénégal.

“Une maison d’édition est une entreprise qui a pour but, une activité principale de la publication et la diffusion d’ouvrages sous forme imprimée ou numérique”, a-t-il indiqué.

L’éligibilité pour la subvention

À en croire le directeur du livre et de la lecture, “l’État ne considère pas les maisons d’édition en termes de jeunes ou d’anciennes.”

La répartition du fonds d’aide se fait sur la base de critères bien définis, comme la taille de la structure, l’effectif de son personnel, la qualité et la quantité de la production, ou les projets de développement dument élaborés.

“Notons à ce niveau que depuis six ans, la régularité de la disponibilité du fonds d’aide a favorisé la création de nouvelles maisons d’édition qui méritent d’être encadrées et soutenues”, a-t-il expliqué.

C’est le cas pour les éditions Karmalaa de Ziguinchor et les éditions Aminata Sow Fall de Kolda, a avancé M. Lô

“La production éditoriale de notre pays est riche, variée. On compte chaque année environ entre 600 ou 700 titres publiés, soit 600 ou 700 mille exemplaires mis en production”, a-t-il précisé.

AMN/ FKS/ASG/BK

Dans la même rubrique
Charger plus dans Culture

Voir aussi...

SENEGAL-ECONOMIE / Agropole Sud: la BAD et la BID satisfaites de l’accélération de la mise en œuvre du projet (communiqué)

Ziguinchor, 21 mai (APS) – La Banque africaine de développement (BAD) et la Banque i…