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Touba, 30 juil (APS) – A l’approche du Grand Magal de Touba, la route 28 menant à la Grande Mosquée, retrouve son effervescence habituelle. Des centaines de commerçants et de vendeurs ambulants, communément appelés tabliers, s’y installent progressivement, convaincus que ce grand rassemblement religieux représente une occasion privilégiée pour dynamiser leurs activités.
Dès les premières heures du jeudi, les étals se garnissent de denrées alimentaires, de vêtements, de chaussures, de tapis de prière, de chapelets, de valises et d’autres articles très prisés des pèlerins.
”Le Magal est notre principale période d’activité. Nous nous y préparons pendant plusieurs mois. Les bénéfices réalisés au cours de cette semaine nous permettent souvent de couvrir les dépenses du reste de l’année”, explique Abdoulaye Diop, commerçant spécialisé dans les articles religieux.
Originaire de Kaolack, Fatou Ndiaye affirme revenir chaque année à Touba à la même période. ”Nous louons un espace sur la route 28, car c’est un lieu très fréquenté. Les pèlerins y achètent beaucoup de nourriture, d’eau et de produits de première nécessité. Nous espérons que cette édition sera meilleure que la précédente”, indique-t-elle.
Chez les vendeurs de vêtements, les préparatifs sont également bien avancés.
”Nous avons renouvelé notre stock avec des boubous, des voiles et des chaussures. Les clients commencent déjà à venir et les ventes devraient s’intensifier à l’approche du Magal”, souligne Moussa Sarr, installé depuis deux jours.
Les vendeurs ambulants comptent aussi sur l’affluence exceptionnelle pour améliorer leurs revenus.

”Nous travaillons dans des conditions parfois difficiles, mais le Magal reste une occasion unique de gagner notre vie. En quelques jours, nous pouvons réaliser ce que nous gagnons habituellement en plusieurs semaines”, confie Ibrahima Fall, vendeur de boissons fraîches.
L’activité profite également aux transporteurs.
Conducteur de taxi, Cheikh Guèye constate déjà une hausse des déplacements dans la cité religieuse. ”Les réservations augmentent chaque jour. Avec l’arrivée des pèlerins, nous effectuons davantage de courses entre les gares routières, les lieux d’hébergement et la Grande Mosquée”, explique-t-il.
Du côté des restauratrices, les préparatifs s’intensifient. ”Nous avons augmenté nos commandes de riz, d’huile et de légumes pour répondre à la demande. Pendant le Magal, nous servons des centaines de repas chaque jour”, affirme Aïssatou Mbaye, qui tient un restaurant de fortune près de la route 28.
Selon elle, depuis quelques jours son restaurant ne désemplit pas, portée par une forte demande à l’heure du déjeuner.

Au-delà des commerces installés le long de cet axe stratégique, l’ensemble de l’économie locale bénéficie de cette dynamique. Les hôtels, maisons d’hôtes, boutiques, marchés, transporteurs et prestataires de services enregistrent traditionnellement une forte hausse de leurs activités pendant le Grand Magal.
Selon une étude menée par l’Université Cheikh Ahmadoul Khadim de Touba et l’Université Alioune Diop de Bambey, les retombées économiques du Grand Magal sont estimées à près de 630 milliards de francs CFA, illustrant l’importance de cet événement religieux pour l’économie de Touba et, plus largement pour celle du Sénégal.

A mesure que l’arrivée des pèlerins se précise, les commerçants de la route 28 affichent leur optimisme. Tous espèrent que cette édition leur permettra de réaliser de bonnes affaires, dans une ambiance de ferveur religieuse et de solidarité qui caractérise chaque année le Grand Magal de Touba.
MS/ASB

