SENEGAL-OLYMPISME-TRAJECTOIRE
Dakar, 13 oct (APS) – En 2012, le Sénégal faisait ses premiers pas dans le tournoi olympique de football masculin à Londres, en Angleterre.
Dix ans plus tard, plusieurs joueurs de cette équipe contribuaient au premier sacre continental des Lions à la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2022, au Cameroun. Une trajectoire qui illustre comment les Jeux olympiques ont servi de tremplin à une génération qui a marqué l’histoire du football national, à l’heure où Dakar s’apprête à accueillir les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) 2026.
À Londres, les Lionceaux, portés par une ambition qu’ils n’ont jamais cachée, avaient atteint les quarts de finale du tournoi de football, après avoir terminé deuxièmes du groupe A, derrière la Grande-Bretagne. Un résultat des plus encourageants pour une première participation.
Diacounda Sène, qui avait couvert cette aventure olympique pour le quotidien privé Le Quotidien, dit se souvenir d’un groupe de joueurs humbles, déterminés à apprendre et à saisir les opportunités offertes par la compétition.
“Je me souviens juste que c’est une équipe qui avait envie de prouver des choses, d’inscrire son nom à la compétition”, confie-t-elle dans un entretien avec l’APS.
Qualifié après une victoire (2-0) contre Oman en barrage intercontinental, le Sénégal avait débuté la compétition par un nul (1-1) face au pays hôte, avant de signer une victoire retentissante (2-0) contre l’Uruguay de Luis Suarez.

“En zone mixte, après les rencontres, les joueurs ne manifestaient pas de prétentions particulières. Ils se concentraient sur leur travail et avançaient au fil des matchs”, se rappelle la journaliste.
“J’avais, à l’époque, noté beaucoup d’humilité chez les joueurs. Du moins pour ceux qui se présentaient en zone mixte comme Sadio Mané ou encore Cheikhou Kouyaté”, souligne Diacounda.
Selon elle, “le groupe était venu tirer le maximum de cette expérience, entre apprentissage, découverte du haut niveau et confrontation aux exigences particulières d’un rendez-vous olympique.”
Un dernier match de groupe, conclu sur un nul (1-1) contre les Émirats arabes unis, ouvre les portes des quarts de finale aux troupes de Karim Séga Diouf.
Portés notamment par Moussa Konaté, auteur de cinq buts dans le tournoi, les Sénégalais avaient ensuite poussé le Mexique jusque dans ses derniers retranchements.
Menés 2-0, ils étaient revenus à hauteur de leur adversaire grâce à Konaté et Ibrahima Baldé, avant de s’incliner 4-2 après prolongation face à la future équipe championne olympique portée par le prodigieux Giovani Dos Santos.
Au-delà de ce parcours, London 2012 avait surtout marqué une étape importante dans la progression de plusieurs joueurs qui allaient devenir des cadres de la sélection nationale.
Lionceaux devenus champions d’Afrique
Ils vont contribuer, dix ans plus tard, au sacre du Sénégal à la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2022 au Cameroun.
Sadio Mané, Idrissa Gana Guèye et Cheikhou Kouyaté figurent parmi les cadres qui ont contribué à cette première victoire continentale, en même temps que Saliou Ciss, qui s’est également illustré durant la compétition.
Pour autant, Diacounda Sène invite à ne pas établir un lien direct entre l’équipe olympique de 2012 et celle qui a remporté la CAN au Cameroun.
“Rien qu’à comparer le nombre de joueurs de l’effectif qui était à Londres et le nombre de joueurs qui a rejoint l’équipe au fil des années, il y a un grand écart”, fait-elle observer.
La journaliste reconnaît toutefois l’influence de certains cadres, notamment Sadio Mané, Cheikhou Kouyaté et Idrissa Gana Guèye, dans la construction de la sélection championne d’Afrique.

Elle met également en avant le rôle de leur sélectionneur Aliou Cissé, alors membre de l’encadrement technique de l’équipe olympique avant de prendre les commandes de la sélection nationale A en 2015.
“Il a vu les gosses à l’œuvre, il a évalué leurs capacités et a renforcé là où il fallait pour se retrouver avec la dream team championne en 2022”, explique-t-elle.
Sans faire des JO de Londres l’unique origine du sacre continental, Diacounda Sène considère que cette compétition a constitué un cadre de préparation intéressant pour les jeunes joueurs, aussi bien sur le plan sportif que dans leur apprentissage du haut niveau.
Un héritage pour Dakar 2026
À l’approche des JOJ Dakar 2026, cette trajectoire rappelle que l’intérêt des compétitions de jeunes ne se limite pas aux résultats immédiats.
Elles permettent aux athlètes d’acquérir de l’expérience, de se confronter au haut niveau et de préparer les échéances futures.
Le parcours de Londres 2012 illustre ainsi la possibilité de transformer une première expérience olympique en étape fondatrice d’une carrière internationale.
Pour Diacounda Sène, la réussite des JOJ Dakar 2026 ne se mesurera pas uniquement aux performances des athlètes, mais aussi à leur capacité à transformer durablement le sport sénégalais.
“Au-delà de la compétition et des performances sportives, c’est surtout ce que ces Jeux vont laisser qui fera leur réussite ou leur échec”, affirme-t-elle.
Elle estime que les infrastructures réalisées pour les JOJ constituent déjà un acquis pour le sport national.
À cela, s’ajoute l’opportunité offerte aux jeunes athlètes de découvrir l’esprit de compétition et de se mesurer à des sportifs venus d’horizons différents.
La journaliste considère les JOJ comme une étape d’évaluation pour les jeunes qui ambitionnent d’atteindre le plus haut niveau.
Le sport étant, selon elle, un processus de longue haleine, ces Jeux peuvent permettre aux jeunes de mesurer les progrès qu’ils ont accomplis et de mieux préparer la suite de leur parcours.
Elle insiste également sur l’importance des valeurs transmises dès le plus jeune âge, notamment le respect, la discipline et le dépassement de soi, susceptibles de contribuer à la formation des futurs champions.
L’expérience de Londres 2012 rappelle ainsi que les grandes compétitions de jeunesse peuvent dépasser le cadre des résultats immédiats.
Si le parcours olympique ne garantit pas à lui seul un sacre futur, il peut constituer une étape importante dans la progression des athlètes.
Pour Dakar 2026, l’enjeu sera de prolonger cette dynamique et de faire de ces Jeux un véritable levier de développement pour le sport sénégalais.
Pour les jeunes sportifs sénégalais qui participeront aux JOJ, il y a un intérêt à saisir cette occasion pour progresser et, pourquoi pas, ouvrir la voie à de nouveaux succès pour le sport national.
ID/HB/BK/HK

