SENEGAL-OLYMPISME-PERSPECTIVES
Dakar, 17 oct (APS) – Introduite au Sénégal en 1997, l’escrime compte sur les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026, pour gagner en visibilité.
En attendant de pouvoir profiter des retombées du premier événement olympique jamais organisé sur le continent africain (31 octobre-13 novembre), l’escrime poursuit son développement au Sénégal, contribuant à la formation de jeunes talents, à la transmission des valeurs et à la réinsertion sociale.
Encore peu connue du grand public sénégalais, l’escrime se distingue par l’utilisation de trois armes, le fleuret, l’épée et le sabre, qui obéissent à des règles spécifiques.
Ce sport de combat exige vitesse, précision, maîtrise de soi et sens de l’anticipation, dans un affrontement où chaque touche peut faire basculer le résultat d’un combat.
Au Sénégal, son développement s’appuie notamment sur la Fédération sénégalaise d’escrime, présidée par Cécile Faye, et sur l’engagement d’athlètes et d’encadreurs qui contribuent à former une nouvelle génération de pratiquants.
Parmi les figures les plus en vue de cette discipline au Sénégal, l’on peut citer Moustapha Diagne, ancien médaillé de bronze en sabre par équipes aux Championnats d’Afrique de 2015 et de 2017, reconverti en maître d’armes.
Il accompagne notamment le jeune fleurettiste Abdourahmane Marième Sy, âgé de 17 ans, qui nourrit l’ambition de décrocher une médaille aux JOJ organisés à domicile.
Issu d’une famille tout le monde pratique l’escrime, garçons comme filles, le jeune athlète s’est initié à cette discipline à l’âge de huit ans.
Ses résultats aux derniers Championnats d’Afrique juniors disputés en Égypte, au Ghana et en Angola, témoignent de ses progrès dans une discipline qui cherche encore à élargir sa base de pratiquants.
Une discipline aux dimensions sociales
L’histoire de l’escrime au Sénégal ne se limite toutefois pas à la compétition. Depuis 2015, à Thiès, le programme ‘’Escrime et justice réparatrice‘’ utilise cette discipline comme un outil de réinsertion pour des jeunes détenus et des mineurs en conflit avec la loi.
Portée par l’Association pour le sourire d’un enfant (APSE), en collaboration avec des chercheurs et des spécialistes sénégalais et français, l’initiative vise à favoriser la maîtrise de soi, la discipline et le respect de l’autre.
Au regard de ses résultats, les autorités envisagent d’étendre cette experience à l’échelle nationale, à travers la formation d’éducateurs spécialisés et d’agents pénitentiaires.
Cette dimension sociale illustre les possibilités d’utilisation de l’escrime au-delà des salles d’entraînement et des compétitions, notamment dans l’accompagnement de jeunes confrontés à des parcours difficiles.
Dakar 2026, une vitrine pour l’escrime
Avec les JOJ Dakar 2026, premier événement olympique organisé sur le continent africain, l’escrime sénégalaise dispose d’une occasion de faire découvrir ses spécificités et de susciter de nouvelles vocations.
Pour Abdourahmane Marième Sy, une médaille à domicile pourrait contribuer à attirer davantage de jeunes vers cette discipline.
Son encadreur, Moustapha Diagne, souligne également l’importance de cette compétition pour renforcer la visibilité de l’escrime dans le paysage sportif national.
Au-delà des résultats, l’enjeu est de consolider la formation, d’élargir la pratique sur le territoire et de créer des perspectives pour les jeunes athlètes.
Entre ambitions sportives et engagement social, l’escrime sénégalaise cherche ainsi à transformer le rendez-vous de Dakar 2026 en un levier durable de développement.
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