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Dakar, 9 sept (APS) – Les statistiques relatives à la violence basée sur le genre sont “alarmantes” au Sénégal, malgré un cadre juridique favorable, 27 % des femmes sénégalaises de 15 à 49 ans ayant subi des violences physiques depuis l’âge de 15 ans, souvent infligées par leur partenaire, a déclaré, mardi, Marie Glorieuse Ingabire, directrice régionale du CRDI pour l’Afrique centrale et de l’Ouest.
“Les chiffres issus de la violence basée sur le genre sont alarmants au Sénégal, malgré un cadre juridique favorable à l’égalité de genre”, a souligné la directrice régionale du Centre de recherches pour le développement international.
Selon Mme Ingabire, “27 % des femmes sénégalaises de 15 à 49 ans ont subi des violences physiques depuis l’âge de 15 ans, souvent infligées par leur partenaire”.
Elle présentait les objectifs et les résultats du programme Amélioration de la santé de la reproduction des adolescentes au Sénégal (ADOS), financé par Affaires mondiales Canada.
Cette présentation s’inscrit dans le cadre d’un dialogue politique de deux jours pour la capitalisation des résultats du programme ADOS.
Les violences sexuelles ou violences physiques persistent au Sénégal, occasionnées par les mariages précoces, selon Marie Glorieuse Ingabire.
“A titre d’exemple, dans la région de Kolda, jusqu’à 66% des jeunes de moins de 18 ans sont données en mariage”, déplore la directrice régionale du CRDI.
Elle a rappelé que l’un des principaux objectifs du programme ADOS est de contribuer à éclairer les problématiques en créant des interactions entre la santé de la reproduction des adolescentes et les violences basées sur le genre.
Pour prendre à bras-le-corps cette problématique, les responsables du programme ADOS ont impliqué les acteurs politiques dans sa mise en œuvre pour une meilleure prise en charge des préoccupations des adolescents.
Caroline Albert, directrice de la coopération au niveau de l’ambassade du Canada couvrant le Sénégal, le Maroc et la Tunisie, a relevé que “sur un engagement de 1,4 milliard de dollars sur 10 ans pour la santé mondiale, la moitié va directement pour la programmation en santé de la reproduction, qui est souvent le parent pauvre de la santé et où il y a un sous-investissement important”.

“L’évaluation du projet ADOS a permis aux acteurs de constater qu’une bonne partie de cette jeunesse est confrontée à des grossesses précoces, à un accès limité à l’information concernant la santé de la reproduction et aux services de prise en charge”, sans compter que les jeunes concernés font face à “diverses formes de vulnérabilités sociales et économiques”, a souligné le directeur général de la Jeunesse, Alassane Diallo.
Cette situation n’est “pas sans conséquences”, dans la mesure où “ces réalités compromettent leurs chances de poursuivre une éducation de qualité, de s’insérer professionnellement et de participer au développement socioéconomique de notre nation”.
D’où “le rôle central” du département de la Jeunesse “dans la mise en œuvre d’initiatives intégrées”, relativement à l’autonomisation des adolescentes, à travers leur accès à “une information utile qui leur est adaptée”, a conclu Alassane Diallo.

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