SENEGAL-AFRIQUE-ECONOMIE
Dakar, 27 juil (APS) – Le ministre délégué chargé de l’Économie, du Plan et de la Coopération au Sénégal, Allé Nar Diop, a rappelé, lundi, à Dakar, le caractère souverain des statistiques nationales, tout en relevant la nécessité pour les pays membres de la CEDEAO d’avoir des normes communes en matière de statistiques.
‘’La statistique publique est une infrastructure de souveraineté. Un État qui ne produit pas ses propres données finit par emprunter à des sources extérieures la représentation de sa propre réalité’’, a soutenu M. Diop en intervenant à une réunion des directeurs des agences et instituts nationaux chargés des statistiques des pays membres de la CEDEAO.
À son avis, les bouleversements économiques, climatiques, sécuritaires et technologiques obligent les États à disposer de statistiques répondant à trois exigences essentielles.
‘’La valeur d’une statistique se juge à trois exigences : sa fiabilité, sa comparabilité et sa disponibilité à temps utile. Une donnée juste mais tardive éclaire l’histoire, elle n’éclaire pas la décision’’, a-t-il souligné, ajoutant : ‘’Une donnée rapide mais fragile expose le décideur au risque de se tromper avec assurance.’’
Une harmonisation effective
Le but de la réunion des directeurs généraux des agences et instituts chargés des statistiques des États membres de la CEDEAO est d’harmoniser plusieurs outils statistiques régionaux, dont l’indice de la production industrielle, le répertoire statistique des entreprises, le tableau des opérations financières de l’État, les statistiques de la dette publique et les comptes nationaux trimestriels.
‘’Ces instruments ne pourront produire leurs effets que s’ils reposent sur des normes communes’’, a soutenu Allé Nar Diop.
‘’Ces instruments ne prendront toute leur valeur que par leur harmonisation effective. Une statistique nationale que l’on ne peut comparer avec aucune autre statistique est à moitié utile’’, a soutenu le ministre sénégalais pour montrer à quel point l’harmonisation des systèmes statistiques des États membres de la CEDEAO est nécessaire.
S’exprimant en présence de directeurs des agences et instituts nationaux chargés des statistiques des pays membres de cette organisation ouest-africaine, il signale que ‘’c’est la comparabilité qui transforme des mesures juxtaposées en une connaissance régionale et rend possibles les agrégats communautaires, la surveillance des critères de convergence, l’évaluation des politiques commerciales et, en définitive, l’intégration elle-même’’.
M. Diop a tenu à préciser que ‘’l’harmonisation méthodologique n’est pas l’affaire des seuls statisticiens’’. ‘’Elle est l’une des conditions matérielles de l’unité économique ouest-africaine’’, a-t-il ajouté.
Bâtir un système statistique régional
D’après Allé Nar Diop, les programmes de développement à mettre respectivement en œuvre par la CEDEAO et l’Union africaine à l’horizon de 2050 et 2063 ne pourront pas atteindre leurs objectifs sans des statistiques qui puissent permettre d’en mesurer les progrès.
C’est valable aussi pour les objectifs de développement durable, selon lui.
Le ministre sénégalais a invité les États membres et leurs statisticiens à renforcer la coopération en comparant leurs pratiques et leurs méthodologies, en harmonisant leurs concepts également.
De cette manière, ils pourront bâtir ‘’un système statistique régional, à la hauteur des ambitions’’ de la CEDEAO, a-t-il ajouté en présence du directeur chargé de la recherche et des statistiques à la Commission de la CEDEAO, Felix Fofana N’Zué.
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