Les Etats membres de l’UEMOA appelés à intégrer la notion de droit et politique de concurrence dans leur dispositif économique
Les Etats membres de l’UEMOA appelés à intégrer la notion de droit et politique de concurrence dans leur dispositif économique

SENEGAL-ECONOMIE-LEGISLATION

‎Dakar, 10 mars (APS) – Le représentant-résident de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEOMA) au Sénégal, Amadou Tchambou, a appelé, mardi, les membres de cette organisation régionale et les autres pays africains en général à intégrer la notion de droit et politique de concurrence dans leur dispositif économique.

“C’est un aspect fondamental pour le bon fonctionnement de nos économies, la protection des consommateurs et la compétitivité de nos entreprises”, a-t-il déclaré à l’ouverture d’un séminaire national d’information et de sensibilisation qui se tient à Dakar, sous l’égide de la Commission de l’UEMOA.

Prévu pour se poursuivre jusqu’au 12 mars prochain, ce séminaire est organisé à l’intention des secteurs public et privé et des membres de la société civile, dans le cadre de la vulgarisation du droit et de la politique de concurrence en Afrique de l’Ouest.

Des agents de contrôle du ministère en charge du Commerce, des acteurs des secteurs de l’assurance et des banques prennent part à cet atelier, en même temps que des pharmaciens, journalistes économiques et associations de consommateurs.

Selon Amadou Tchambou, dans un monde marqué par l’ouverture aux marchés, les mutations technologiques, l’émergence d’acteurs de plus en plus puissants et les enjeux de l’intégration régionale, l’intégration de la notion de droit et politique de concurrence dans les dispositifs économiques relève d’une “nécessité stratégique pour tout État modèle”.

“Ce séminaire nous offre l’opportunité de réfléchir ensemble, d’échanger nos expériences et de renforcer nos capacités sur des thématiques variées, relatives aux règles de concurrence, leur impact dans une économie du marché en termes d’enjeux, d’outils économiques et de protection des consommateurs”, a indiqué M. Tchambou.

Il considère que la concurrence “n’est ni une idéologie ni une abstraction juridique”, mais plutôt un mécanisme par lequel les entreprises sont incitées à innover, offrir des prix justes, améliorer la qualité de leurs produits et services et ainsi contribuer à l’amélioration du bien-être du consommateur.

“Elle est le souffle qui anime l’économie de marché, l’un des piliers du développement durable et un des liens puissants pour attirer les investisseurs”, a soutenu le représentant résident de l’UEMOA au Sénégal.

Les Etats membres de l'UEMOA appelés à intégrer la notion de droit et politique de concurrence dans leur dispositif économique

‎Selon Seydina Aboubacar Sadikh Ndiaye, secrétaire général du ministère de l’Industrie et du Commerce, en matière de politique de concurrence, “il faut des mesures fortes, capables de prévenir et de sanctionner les pratiques abusives, anticoncurrentielles, qui nuisent à la collectivité et au bien-être” de certaines catégories de société.

“Nous savons toutefois que la mise en œuvre d’un politique de concurrence efficace butte encore sur des difficultés”, a signalé M. Ndiaye, évoquant la faible appropriation de la législation communautaire et la capacité limitée des autorités et des acteurs concernés.

Il estime que répondre à “ces défis exige un renforcement soutenu des compétences techniques, humaines et financières”.

Ce séminaire est organisé avec l’appui technique et financier du Programme d’appui à la concurrence et à la sécurité des produits de consommation (PACOSPRO), dont l’objectif est d’améliorer l’environnement des affaires, la compétitivité et la croissance des économies d’Afrique de l’Ouest.

MFD/BK