SENEGAL-SANTE
Dakar, 29 déc (APS) – Les épidémies de fièvre de la vallée du Rift (FVR) et de mpox ont fortement secoué le système de santé sénégalais en 2025, une année de rude épreuve pour la politique de souveraineté sanitaire et pharmaceutique menée par les pouvoirs publics.
Depuis septembre, le Sénégal se bat contre une épidémie de FVR, une maladie virale transmise par les moustiques et les animaux déjà infectés. Cette maladie humaine et animale s’est propagée surtout dans les zones d’élevage. La transhumance du bétail a facilité le développement des moustiques vecteurs de cette pathologie virale.
L’épidémie s’est déclarée dans la région de Saint-Louis (nord). Des 14 régions du pays, seules celles de Diourbel (centre), Sédhiou et Ziguinchor (sud) sont épargnées pour le moment, selon les autorités médicales.
Selon le bulletin publié le 15 décembre par le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, concernant l’épidémie de FVR, 554 cas confirmés ont été dénombrés, dont 371 dans la région de Saint-Louis. Concernant les pertes en vies humaines, 31 décès ont été dénombrés. Et 520 personnes infectées ont été guéries.
L’épidémie de mpox, ou variole du singe, se propage à un rythme beaucoup moins rapide que celui de la fièvre de la vallée du Rift. Le premier cas a été signalé le 22 août. Depuis lors, neuf cas au total ont été dénombrés. La maladie n’a causé aucun décès, selon le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique.
Des plans stratégiques de santé
Le premier cas de mpox a été diagnostiqué sur un étranger entré au Sénégal le 19 août. Parce qu’il présentait les symptômes de cette infection virale rare, il avait été admis au service des maladies infectieuses de l’hôpital universitaire de Fann, à Dakar, le 21 août. Le prélèvement effectué sur lui s’est révélé positif, le 22 août.
L’introduction du vaccin hexavalent est l’un des faits majeurs du secteur de la santé en 2025, au Sénégal. C’est un vaccin combiné, qui protège contre six maladies : la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, l’hépatite B, les infections à Haemophilus influenzae type B et la poliomyélite. Il remplace désormais les vaccins pentavalent et antipoliomyélitique inactivé, qui étaient administrés séparément.
Le vaccin hexavalent a été officiellement introduit dans le programme élargi de vaccination du Sénégal, le 1er juillet. En Afrique de l’Ouest, la Mauritanie et le Sénégal font partie des premiers pays ayant entrepris cette innovation vaccinale.
En 2025, le Sénégal a entamé la mise en œuvre de plans stratégiques de santé, dont celui de la santé mentale, pour la période 2024-2028, et un plan national de lutte contre le cancer, à dérouler de 2025 à 2029.
Selon le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, l’incidence et la mortalité des cancers sont en hausse au Sénégal. Le cancer est devenu une équation de santé publique majeure, signale-t-il, indiquant, avec des statistiques de 2022, qu’environ 11 840 cas sont dénombrés chaque année.
Le registre national du cancer n’existant plus depuis 2025, il est difficile de collecter avec exactitude – et exhaustivement – les données relatives au cancer, au Sénégal. Des organismes sanitaires, dont l’institut Joliot-Curie (IJC) de l’hôpital Aristide-Le Dantec, à Dakar, ne fournissent que des données partielles. En 2020, l’IJC a diagnostiqué 1 903 cas de cancer. Il avait estimé que les cancers du sein et du col de l’utérus étaient les plus fréquents dans le pays.
De présumés dysfonctionnements de l’ARP
Cette année, l’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique (ARP) a atteint le niveau de maturité 3 (NM3), une norme de l’Organisation mondiale de la santé, qui classe le Sénégal parmi les pays où les médicaments sont sûrs et efficaces.
Mais l’ARP a été secouée par un retentissant fait divers au cours de ce mois. Après avoir ordonné le retrait des produits de la marque Softcare des circuits de vente en raison de leur mauvaise qualité, elle annonce, une semaine plus tard, à la grande surprise de tous, que ses produits, les couches et les serviettes hygiéniques notamment, sont conformes aux normes requises.
En raison du tollé provoqué par cette volte-face, deux syndicats de professionnels de la santé, dont sont membres des agents de l’ARP, ont réclamé l’ouverture d’une enquête judiciaire pour faire toute la lumière sur de présumés dysfonctionnements de l’agence.
Le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique a annoncé, pour sa part, une mission conjointe, avec le département de l’Industrie et du Commerce, pour tirer au clair la controverse relative à la qualité des couches et serviettes hygiéniques Softcare.
‘’Le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, en sa qualité d’autorité de tutelle, tient à informer les populations qu’une mission conjointe sera diligentée sans délai, en étroite collaboration avec le ministère du Commerce et de l’Industrie, afin de faire toute la lumière sur cette affaire’’, a-t-il écrit dans un communiqué.
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