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Dakar, 18 fév (APS) – Les députés réunis mercredi en plénière ont adopté massivement, mercredi, la proposition de loi portant la création d’une chaîne parlementaire, a constaté l’APS.
Ils ont voté à une écrasante majorité (121 voix pour, 5 abstentions et 0 contre) la proposition de loi initiée par les députés Aliou Sène, Mbène Faye et Mohamed Ayib Salim Daffé, tous du groupe parlementaire majoritaire Pastef Les Patriotes.
Dans l’exposé des motifs du texte, le député Ayib Daffé, président du groupe parlementaire majoritaire, a souligné que cette initiative procède d’une volonté affirmée de renforcer la transparence parlementaire, d’approfondir la démocratie représentative et de consolider l’État de droit.
”L’Assemblée nationale, en tant qu’organe de représentation du peuple, se doit d’assurer une accessibilité accrue à ses travaux et de garantir une information institutionnelle claire, fiable et régulière. La création de la Chaîne parlementaire répond à cette exigence”, a-t-il expliqué.
Selon lui, le processus ayant conduit à son élaboration a été engagé par l’arrêté n°009 du Bureau de l’Assemblée nationale en date du 24 mars 2025, lequel a institué un groupe de travail inclusif chargé de la mise en place d’une chaîne de télévision parlementaire.
Il estime que cette démarche préparatoire a permis de définir les orientations juridiques, techniques et institutionnelles nécessaires à la création d’un outil audiovisuel parlementaire structuré et pérenne.
”Dans un régime démocratique fondé sur la souveraineté populaire et la transparence de l’action publique, la compréhension des processus législatifs, des mécanismes de contrôle parlementaire et d’évaluation des politiques publiques constitue une exigence essentielle”, a indiqué le président du groupe parlementaire Pastef Les Patriotes (majorité) et co-auteur de la proposition de loi.
Ayib Daffé détaillé les trois objectifs visés à travers cette proposition de loi, dont le premier consiste à assurer une transparence effective des activités parlementaires par la diffusion “régulière, fidèle et intégrale” des séances plénières, des travaux en commission, des auditions publiques ainsi que des missions d’information et d’évaluation.
Le deuxième objectif poursuivi est de contribuer à la formation civique des citoyens, notamment des jeunes, en facilitant la compréhension du fonctionnement des institutions, des procédures législatives et des valeurs républicaines qui fondent la vie démocratique.
Le troisième et dernier objectif visé par cette proposition de loi est de participer au renouveau parlementaire en offrant une visibilité institutionnelle renforcée, dans le respect du pluralisme politique, de l’objectivité de l’information et de la cohésion nationale.
La députée Béatrice Faye de la majorité a indiqué, au cours de son intervention, que la création d’une chaîne parlementaire est “une étape cruciale” pour renforcer la transparence et la participation citoyenne dans la démocratie.
”Cette chaîne parlementaire permettra de diffuser nos débats, nos discussions et nos prises de position, offrant ainsi aux Sénégalais une fenêtre ouverte sur le travail législatif. Ils pourront suivre les travaux de leurs représentants, comprendre les enjeux des lois qui les concernent et participer plus activement à la vie publique. Ils pourront voir comment leurs élus défendent leurs intérêts et comment les décisions sont prises. […] Elle permettra [aussi] de sensibiliser les citoyens sur l’importance du travail parlementaire et d’encourager la citoyenneté active”, a-t-elle assuré.
Le député Ismaela Wone, également de la majorité, a axé son discours sur le financement de cette chaîne.
”Aujourd’hui, tout le monde sait que le budget de l’Assemblée Nationale tourne autour de 22 milliards de francs CFA, et pour qu’une chaîne puisse réellement jouer son rôle de manière permanente, il faut vraiment poser la question de son financement. Financer un programme aussi ambitieux nécessite une réflexion approfondie. Il faut voir comment accompagner cette chaîne pour qu’elle puisse répondre aux attentes des citoyens, mais surtout pour vulgariser le travail de l’Assemblée Nationale”, a-t-il insisté.
Tous les intervenants ont insisté sur la nécessité de ne pas faire de cette chaine un outil de propagande pour une quelconque chapelle politique.
Ayib Daffé, un des trois initiateurs de cette proposition de loi, a dissipé cette inquiétude en soutenant que la chaîne est conçue comme un service public audiovisuel parlementaire.
Un conseil éditorial, supervisé par le Bureau de l’Assemblée nationale, est d’ailleurs prévu pour veiller à la qualité, à l’objectivité, au pluralisme des opinions et à l’indépendance de l’information véhiculées par la chaine.
Le député Samba Diouf, rapporteur de l’intercommission constituée par la commission de la Culture et de la Communication et la commission des Lois, de la Décentralisation, du Travail et des Droits humains, a précisé que la chaine parlementaire échappe totalement au contrôle du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA).
Il renseigne que sa régulation est assuré par l’Assemblée nationale elle-même.
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