Les Bissau-guinéens aux urnes pour un référendum constitutionnel
Les Bissau-guinéens aux urnes pour un référendum constitutionnel

SNEGAL-AFRIQUE-ELECTION

Dakar, 30 août (APS) – Près d’un million de Bissau-guinéens inscrits sur les listes électorales sont appelés aux urnes dimanche pour se prononcer par référendum constitutionnel sur le passage à un régime présidentiel fort en remplacement du système semi-parlementaire actuel.

Ce scrutin référendaire organisé préalablement aux élections générales du 6 décembre prochain, censées permettre un retour au pouvoir des civils, est boycotté par l’opposition incarnée par le PAIGC, (Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert), formation politique historique du pays frontalier du Sénégal.

Une bonne partie des opposants, des organisations de la société civile et de défense des droits humains se sont élevés contre l’organisation du scrutin alors que les activités politiques sont suspendues, les sièges des partis politiques fermés et les formations politiques interdites de participer à la campagne.

Le texte soumis au vote a été porté par le Conseil national de transition, l’organe législatif mis en place après le coup d’État du 26 novembre 2025.

Il prévoit une réduction du nombre de députés de 102 à 65 et une baisse des circonscriptions de 29 à 12, tandis que l’exécutif se voit attribuer une place plus importante.

Le président de la République présiderait le Conseil des ministres et aurait la possibilité de nommer et de révoquer le Premier ministre.

Pour ses promoteurs, ce basculement doit mettre fin aux conflits de compétence qui ont souvent opposé le président et le chef de gouvernement dans le système semi-parlementaire en vigueur.

L’objectif déclaré par la transition militaire dirigée par le général Horta N’Tam est de stabiliser les institutions et d’en finir avec les récurrentes crises politiques qui secouent. Le Guinée Bissau a déjà connu cinq coups d’Etat militaires.

Le dernier en date, survenu le 27 novembre 2025, avant la proclamation officielles des élections présidentielle et législatives organisées trois jours avant, a exacerbé la crise politique dans le pays.

Les auteurs du coup d’Etat, déclarant avoir mis en place un Haut commandement militaire, avaient, dans la foulée, proclamé la suspension du processus électoral et la mise aux arrêts du chef de l’Etat sortant Umaro Sissoco Embalo et du candidat d’opposition Fernando Dias da Costa.

Umaro Sissoco Embalo vit actuellement en République du Congo après un bref passage à Dakar. L’opposant de son côté a obtenu l’asile politique au Nigeria au plus fort de la crise.

AKS