SENEGAL-MONDE-ENVIRONNEMENT
Dakar, 2 avr (APS) – Le Sénégal prévoit de passer d’un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) de 7 % à une fourchette comprise entre 13 % et 17 % d’ici à 2030, a déclaré, jeudi, la directrice du changement climatique, de la transition écologique, et des financements verts, Madeleine Diouf Sarr.
Ce nouvel engagement climatique entre dans la mise en œuvre de la CDN 3.0 (contribution déterminée au niveau national de troisième génération), élaborée conformément à l’Accord de Paris sur le climat mais aussi aux objectifs de développement durable du Sénégal pour la période 2025-2030.
‘’Le Sénégal avait une CDN 2.0 (contribution déterminée au niveau national de deuxième génération) où nous étions à un objectif d’engagement de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) de 7 %. Avec la CDN 3.0, nous passons à un niveau d’engagement de réduction de GES beaucoup plus important, compris entre 13 % et 17 % d’ici 2030‘’, a-t-elle dit lors d’un atelier de validation de la version consolidée de la CDN 3.0.
Cette rencontre organisée par le ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), a enregistré la participation des parties prenantes (société civile, collectivités territoriales, secteurs public, privé, académique et partenaires techniques) à la mise en œuvre de la CDN du Sénégal.
Mme Sarr a rappelé que ‘’les CDN (plans d’action climatique) sont réactualisées tous les cinq ans par les Etats membres de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques conformément aux engagements de l’Accord de Paris sur le climat’’.
‘’Le Sénégal, a-t-elle souligné, se doit ainsi à l’instar des autres États membres, d’actualiser sa CDN tous les cinq ans dans le but de préciser à nouveau ses engagements de réduction d’émissions de gaz à effet de serre (atténuation) et renforcer sa résilience face aux impacts climatiques (adaptation)’’.
La directrice du changement climatique a indiqué que la CDN 3.0 intègre, entre autres, de nouveaux enjeux, notamment les ‘’pertes et dommages liés au climat, la question du genre, l’inclusion sociale, ainsi que le marché carbone’’.
La deuxième Contribution déterminée au niveau national (CDN .2 0) du Sénégal couvrant la période 2020-2025, visait une réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) de 7 %.
Clôturant cet atelier, le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abdourahmane Diouf, a tiré ‘’un bilan satisfaisant’’ des résultats obtenus par le Sénégal dans le cadre de la mise en œuvre de sa CDN .2 0.
Il a indiqué qu’après ‘’des résultats satisfaisants obtenus avec la CDN 2, le Sénégal s’engage désormais dans un processus de consolidation en vue de disposer d’une CDN 3.0 plus ambitieuse, plus inclusive et pleinement alignée sur nos priorités nationales de développement durable’’.
Selon lui, ‘’la CDN 3.0 marque une évolution décisive et consacre le passage d’une logique d’engagement à une logique de transformation, d’une approche sectorielle fragmentée à une vision intégrée, d’une ambition déclarative à une ambition opérationnelle’’.
‘’Elle s’inscrit aussi pleinement dans nos priorités nationales, notamment la Vision Sénégal 2050, et dans les exigences de l’Accord de Paris’’, a-t-il ajouté.
Le ministre dit également que la CDN 3.0 du Sénégal porte une ambition forte : ‘’faire du défi climatique une opportunité de modernisation économique, un levier de création d’emplois et un moteur d’innovation’’.
‘’Elle promeut en d’autres termes une transition énergétique maîtrisée, une agriculture résiliente, la valorisation de nos écosystèmes, mais également mieux préparés les territoires aux risques climatiques’’, a-t-il précisé.
Abdourahamane Diouf renseigne par ailleurs que des travaux techniques réalisés ont permis d’aboutir à cette version consolidée de la CDN .3 0 qui fait aujourd’hui l’objet de validation.
‘’Cette version consolidée, a-t-il expliqué, propose une trajectoire de réduction progressive des GES, une place centrale accordée à l’adaptation et à la résilience, ainsi que des besoins d’investissements conséquents pour accompagner cette transition écologique’’.
La Représentante résidente adjointe du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Catherine Phuong a pris part à cette rencontre ainsi que des chercheurs.
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