SENEGAL-SANTE-DEFIS
Dakar, 11 sept (APS) – Le Sénégal ne dispose à ce jour que de huit chirurgiens cardiovasculaires, a révélé, jeudi, à Dakar, le chef de service du centre pédiatrique Cuomo de l’hôpital de Fann, le professeur Amadou Gabriel Ciss, faisant savoir que le pays est très loin de respecter les normes internationales qui recommandent 100 chirurgiens pour 10 millions d’habitants.
“Actuellement, nous sommes 8 chirurgiens cardiovasculaires pour plus de 18 millions d’habitants. Nous sommes très, très loin des normes qui est de 100 chirurgiens pour 10 millions habitants, le Sénégal est à 7,7% pour plus de 10 millions d’habitants”, a notamment déclaré le professeur Ciss.
Il recevait une mission officielle de la Chaine de l’espoir, une organisation internationale non gouvernementale qui intervient dans les soins spécialisés et en chirurgie.
”En 2050, selon l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), nous serons 35 millions de Sénégalais avec […] 20% d’adultes et 5,5 millions de Sénégalais qui auront plus de 50 ans”, a rappelé Amadou Gabriel Ciss, selon qui c’est à partir de cet âge qu’apparaissent les pathologies cardiovasculaires, à l’instar des accidents vasculaires cérébraux (AVC) et l’infarctus du myocarde.
Il ajoute qu’à l’horizon 2030, le taux de mortalité le plus élevé va concerner les pathologies cardiovasculaires.
Selon le chef de service du centre pédiatrique Cuomo, un diplôme de spécialité a été créé pour faire face à cette situation.
“Nous recevons par an une centaine d’inscriptions venant de toute l’Afrique subsaharienne, mais aussi du Maghreb. Mais dès qu’un Sénégalais postule, nous le prenons pour la formation. C’est une formation pointue qui prend du temps. Nous les formons sur 8 ans après le doctorat”, a-t-il expliqué.
Quatre-cent-cinquante-deux enfants en attente d’une intervention cardiovasculaire.
Il a signalé que six Sénégalais complètent actuellement leur formation en France et “vont très bientôt rentrer pour renforcer les équipes ici sur place. Ils vont aussi être déployés dans les régions du Sénégal, en privilégiant, bien sûr, les régions universitaires”.
Le centre Cuomo qui prend en charge les cardiopathies graves a permis de former 70 personnes de 15 nationalités différentes, a-t-il précisé.
”Il y en a qui sont reparties dans leur pays, mais nous ne nous contentons pas de les former sur place. Nous les accompagnons. Nous nous déplaçons pour aller les accompagner sur place avec toute une équipe. Ce qui a permis de mettre en place des instituts qui aujourd’hui opèrent de façon autonome en Afrique de l’Ouest”, s’est réjoui le professeur Ciss, en citant le Burkina Faso, le Mali, le Niger, le Cameroun et le Togo.
Il a révélé que 452 enfants figurent sur la longue liste d’attente de patients dont l’état nécessite une intervention cardiovasculaire.
“Il s’agit d’un problème d’accessibilité financière. C’est des gens qui n’ont pas de quoi payer, qui n’ont pas de prise en charge. C’est un problème sur lequel nous discutons avec l’État pour favoriser l’accès à la chirurgie’’, a t-il conclu.
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