SENEGAL-MONDE-FOOTBALL
Dakar, 20 mai (APS) – L’odyssée de l’équipe nationale du Sénégal en Coupe du monde est une histoire qui raconte bien plus qu’un simple enchaînement de résultats : c’est l’évolution d’une nation de football, passée d’invitée surprise mondiale à référence africaine, qui entend créer l’exploit lors du mondial nord-américain.
La première participation des Lions à la Coupe du monde remonte à 2002, lors de l’édition asiatique co-organisée par la Corée du Sud et le Japon. Le Sénégal avait fait une entrée fracassante sur la scène internationale du football lors de cette édition, alors que personne ne l’attendait.
Les Lions avaient alors créé l’un des plus grands exploits de l’histoire du football en battant la France, championne du monde en titre, sur le score de 1-0, grâce à un but marqué par feu Papa Bouba Diop (1978-2020) à la 30e minute du match d’ouverture du Mondial de cette année-là.
Portée par des joueurs comme El Hadji Diouf, Khalilou Fadiga, le capitaine Aliou Cissé, cette équipe avait séduit le monde du ballon rond par son engagement, sa solidarité et son insouciance, sous la direction de l’entraîneur français feu Bruno Metsu (1954-2013).
Malgré une élimination en quarts de finale par la Turquie, le Sénégal avait réalisé une performance historique au Mondial asiatique.
Seize ans plus tard, en 2018, en Russie, le Sénégal revient avec un statut différent. Il n’est plus un inconnu, mais une équipe en quête de confirmation, avec une nouvelle génération incarnée par Sadio Mané.
Composée en grande partie de joueurs ayant disputé les Jeux olympiques de Londres en 2012, cette équipe sénégalaise, plus organisée et plus disciplinée sur le plan tactique, avait signé une belle participation.
Les Lions réalisent un parcours solide, mais frustrant, dans un groupe composé de la Pologne, du Japon et de la Colombie.
Ils avaient démarré parfaitement avec une victoire (2-1) contre la Pologne. Le deuxième match face au Japon se termine sur un nul (2-2). À deux reprises, le Sénégal mène au score, mais se fait rejoindre.
Eliminé pour cartons jaunes
Avant l’ultime journée, la situation restait indécise. Avec 4 points, à égalité avec le Japon, le Sénégal était en bonne posture et pouvait se contenter d’un match nul face à la Colombie pour valider son ticket pour la suite de la compétition.
Mais les Lions s’inclinent (1-0) devant les “Cafeteros” sur un but de Yerry Mina. Il en a résulté un cruel scénario : à égalité parfaite avec le Japon — même nombre de points, même goal average, même nombre de buts marqués -, les deux équipes sont finalement départagées par le nombre de cartons reçus. Le Sénégal, pénalisé par un total plus élevé de sanctions, est éliminé : six cartons jaunes contre quatre pour le Japon.
Une différence minime, mais décisive, faisant des Lions de la Teranga la première équipe de l’histoire de la Coupe du monde à être éliminée au fair-play.
Puis arrive 2022, une Coupe du monde organisée par le Qatar, une occasion pour le Sénégal de confirmer le crédit engrangé par son football depuis plusieurs années.
Entre-temps, la sélection dirigée par l’ancien capitaine, Aliou Cissé, devenue championne d’Afrique en janvier de la même année, au Cameroun, s’est imposée comme une référence sur le continent.
Les Lions arrivent ainsi au Qatar avec un statut à défendre, celui d’une équipe attendue et respectée.
Cependant, le début du tournoi est immédiatement perturbé par une absence majeure. L’attaquant-vedette Sadio Mané est déclaré forfait pour blessure juste avant le début de la compétition.
Un coup dur pour l’équipe, d’autant que celui qui était arrivé deuxième du Ballon 2022 derrière le Français Karim Benzema, est le leader offensif et émotionnel du groupe.
Malgré cette absence, le sélectionneur Aliou Cissé maintient une organisation solide et une identité collective forte. Le Sénégal débute son Mondial par une défaite (2-0) contre les Pays-Bas.
2026, Mondial de la confirmation ?
La réaction arrive lors du deuxième match contre le Qatar, pays hôte. Le Sénégal s’impose (3-1). Cette victoire importante relance totalement la dynamique.
Puis vient le match décisif contre l’Équateur. L’enjeu de cette rencontre est grand : une qualification pour les huitièmes de finale.
Le Sénégal ouvre le score grâce à un but de son capitaine, le défenseur Kalidou Koulibaly, avant de voir l’Équateur revenir au score. Les Lions réagissent immédiatement et reprennent l’avantage pour finalement s’imposer 2-1.
Grâce à ce succès, le Sénégal se qualifie pour les huitièmes de finale, où ils sont éliminés par l’Angleterre sur le score de 3 buts à 0.
Ainsi se termine l’aventure qatarienne des Lions, laissant un goût amer aux joueurs, encadreurs, fédéraux et supporters.
Le Sénégal, huitième de finaliste en 2022 au Qatar, va disputer en 2026 sa quatrième Coupe du monde et sa troisième phase finale consécutive dans cette compétition, après 2018 et 2022.
Les Lions sont logés dans la même poule que la France, la Norvège et l’Irak, pour ce Mondial qui se joue conjointement aux Etats-Unis, au Canada et Mexique, du 11 juin au 19 juillet 2026.
Une belle opportunité de franchir un nouveau cap et ainsi réaliser un grand exploit pour une équipe désormais considérée comme l’une des sélections africaines les plus solides et les plus régulières.
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