Le secteur des assurances évoque sa nécessaire adaptation aux changements d’ordre technologique, démographique et climatique
Le secteur des assurances évoque sa nécessaire adaptation aux changements d’ordre technologique, démographique et climatique

SENEGAL-ECONOMIE

Dakar, 23 avr (APS) – Les professionnels des assurances ont relevé, jeudi, à Dakar, la nécessaire adaptation du secteur des assurances aux progrès technologiques, à l’évolution de la démographie et aux changements climatiques, qui sont des défis à relever pour augmenter le taux de pénétration de l’assurance.

Ils ont évoqué ces nécessaires changements à l’occasion d’un séminaire africain organisé par l’Association internationale des contrôleurs d’assurances et la direction des assurances du ministère sénégalais des Finances et du Budget. ‘’Naviguer vers l’avenir : exploiter l’innovation, protéger les consommateurs et renforcer la résilience dans un monde en mutation’’ est le thème du séminaire.

‘’Le thème de ce rendez-vous démontre notre claire conscience des tendances émergentes qui vont fortement impacter les assurances et nécessiter des stratégies d’adaptation bien pensées’’, a relevé Ange Mancabou, le coordonnateur de la direction générale du secteur financier et de la compétitivité, au ministère sénégalais des Finances et du Budget.

‘’Les avancées technologiques, les évolutions démographiques et les changements climatiques […] se présentent au secteur des assurances comme des défis et des opportunités’’ a ajouté M. Mancabou.

Intervenant en même temps au séminaire au nom du ministre des Finances et du Budget, il dit être convaincu que cette nécessité d’adaptation du secteur des assurances est un atout certain pour la résilience économique.

‘’Une autre préoccupation unanimement partagée, et pour laquelle le secteur […] doit se mobiliser, est la faiblesse du niveau d’inclusion des assurances’’, a-t-il signalé.

Au Sénégal, le gouvernement a déjà entrepris une démarche qui va dans ce sens, d’après lui.

Pour un bon taux de pénétration de l’assurance au Sénégal, le président de la Fédération sénégalaise des sociétés d’assurances, El Hadji Amar Kébé, appelle les acteurs du secteur à travailler à des stratégies centrées sur le client. Il s’agit de renforcer le rapport de confiance entre les sociétés d’assurances et le public, selon M. Kébé.

Le secteur des assurances évoque sa nécessaire adaptation aux changements d’ordre technologique, démographique et climatique

Le président de la Fédération sénégalaise des sociétés d’assurances, El Hadji Amar Kébé

‘’L’assurance repose avant tout sur une promesse. Or, la perception de cette promesse par les consommateurs demeure parfois fragile. Elle dépend étroitement de la transparence des produits, de la qualité de l’expérience client, notamment lors du règlement des sinistres, ainsi que du sentiment réel de valeur apportée’’, a-t-il analysé, ajoutant : ‘’C’est pourquoi il devient indispensable d’évoluer vers des modèles véritablement centrés sur le client.’’

‘’Notre industrie des assurances est confrontée à des transformations structurelles majeures’’, a observé El Hadji Amar Kébé, arguant que ‘’la question n’est plus de savoir si nous devons nous transformer, mais bien à quelle vitesse et avec quelle ambition nous devons le faire’’.

Le directeur des assurances au ministère des Finances et du Budget, Mamadou Dème, juge nécessaire d’adapter les produits d’assurance aux réalités africaines, afin qu’ils soient plus accessibles.

Il explique que ‘’l’un des grands défis des assurances, ce n’est pas d’assurer seulement l’automobile que tout le monde connaît, mais de faire en sorte que les acteurs de l’informel puissent adhérer à l’assurance’’.

M. Dème préconise une transformation des modèles traditionnels, par le recours à des solutions innovantes et inclusives.

‘’Nous ne devons plus proposer uniquement des produits classiques. Nous devons inventer des offres adaptées et des modes de distribution capables d’atteindre tout le monde, grâce au digital surtout’’, a recommandé le directeur des assurances aux professionnels du secteur.

‘’Aucun pays ne peut à lui seul faire face aux risques climatiques. C’est pourquoi nous avons mis en place un mécanisme africain de mutualisation, pour couvrir des catastrophes comme la sécheresse ou les inondations’’, a ajouté Mamadou Dème.

Grâce à ce système africain, ‘’les indemnisations peuvent être déclenchées rapidement’’, a-t-il assuré.

TAB/ESF