Le Prix Ken Bugul du livre 2026 décerné à la Sino-vietnamienne Nataly Ong pour son roman ‘’La danseuse de Saïgon’’
Le Prix Ken Bugul du livre 2026 décerné à la Sino-vietnamienne Nataly Ong pour son roman ‘’La danseuse de Saïgon’’

SENEGAL-LITTERATURE-DISTINCTION

Dakar, 22 oct (APS) – La Sino-vietnamienne Nataly Ong a remporté, jeudi, le prix Ken Bugul du livre pour son roman ‘’La danseuse de Saïgon’’, à l’ouverture de la cinquième édition du Salon du livre au féminin, a constaté l’APS.

Le récit raconte l’histoire d’une jeune femme vietnamienne dans les dernières années de la guerre du Vietnam, une mère qui élève, seule, ses trois enfants dans des conditions de vie très difficiles. Le seul moyen qu’elle trouve pour sortir de ce gouffre, c’est d’accepter un emploi de danseuse dans un club privé, explique l’auteur qui se réjouit de cette récompense ‘’inattendue’’.

Elle estime avoir voulu raconter la guerre du Viêt Nam (1954-1975) à travers le regard d’une femme en participant à ce concours littéraire qu’elle a vu sur les réseaux sociaux.

Saigon était la capitale de la République du Sud Viêt Nam qui était en conflit avec le Nord Viêt Nam.

Nataly Ong, présente pour les besoins du Salon du livre au féminin, précise qu’elle n’a pas participé à ce concours littéraire dans l’optique de gagner, mais parce que le thème, ‘’Le matrimoine en action : hériter, écrire, transformer’’, l’a interpelée et a raisonné en elle.

Vivant en France depuis l’âge de deux ans, après l’exil de ses parents, l’auteure, qui séjourne pour une semaine à Dakar, explique les motivations de ce roman, qui sont d’abord “personnelles” avant de ressentir le besoin de le partager avec d’autres personnes, notant que la guerre du Viêt Nam n’est souvent connue qu’à travers ce qu’en racontent les Américains, a-t-elle dit.

‘’La danseuse de Saïgon’’, un roman dont l’écriture ‘’écartelée’’ a commencé en 2019, est publié en 2025.

‘’Je ne m’attendais pas à ce que cette histoire ait une résonnance au Sénégal, c’était impossible pour moi, cela prouve que la littérature n’a pas de frontière’’, s’est-elle réjouie.

Le Prix Ken Bugul du livre 2026 décerné à la Sino-vietnamienne Nataly Ong pour son roman ‘’La danseuse de Saïgon’’

Pour le jury dont le choix a été unanime, selon sa présidente, Mame Diarra Diop, ‘’La danseuse de Saïgon’’ est ‘’un roman émouvant avec des mots qui pansent, une ode à la beauté et à la poésie”.

C’est  aussi “l’art de raconter la guerre, les souffrances et de nouvelles horizons qui s’ouvrent”, a ajouté l’écrivaine et journaliste, en présence des autres membres du jury parmi lesquels l’écrivaine Fatoumata Diallo Ba, la journaliste Adjara Cissé, la réalisatrice Mamito Nakamoura.

Le jury a salué ‘’les histoires différentes et les sensibilités diverses’’ rencontrés dans les 14 ouvrages soumis au départ et dont 7 ont été finalistes pour cette édition du Salon du livre au féminin.

Il indique que différents thèmes y sont évoqués, notamment, la condition de la femme, l’exil, la littérature dans sa plus grande diversité.

Quant au prix des lycéennes du premier livre, il a été décerné à la Sénégalaise Fatou Warkha Samb pour son roman ‘’Assignée au silence’’ publié en 2025.

 

Le Prix Ken Bugul du livre 2026 décerné à la Sino-vietnamienne Nataly Ong pour son roman ‘’La danseuse de Saïgon’’

Le thème retenu cette année est ‘’Le matrimoine en action : hériter, écrire, transformer’’. Il invite à une réflexion fondamentale, selon la promotrice de l’évènement, Amina Seck.

Elle estime que le matrimoine ne consiste pas seulement à ajouter quelques noms de femmes à une histoire écrite, mais à trouver des traces de celles qui ont précédé, à reconnaitre leurs œuvres, leurs pensées, créations et savoirs.

‘’Il s’agit aussi de comprendre cet héritage continue, de nourrir nos manières de vivre et d’habiter le monde. (…) reconnaitre le matrimoine, c’est refuser l’effacement, c’est faire de la mémoire une force vivante’’, a soutenu la romancière Aminata Seck.

Pour le directeur du Livre et de la Promotion de la lecture, Ibrahima Lo, venu représenter le ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, le thème invite à ‘’un exercice de justice et de lucidité’’ et à voir ce que les femmes ont transmis comme savoirs, œuvres, etc., appelant ainsi à valoriser la mémoire.

Ce cinquième Salon du livre au féminin, se tient à la Place de la nation, du 22 au 24 octobre, avec comme pays invité le Mali et l’écrivaine franco-ivoirienne Véronique Tadjo, comme invitée d’honneur.

FKS/HK/ADL/SMD