SENEGAL-GOUVERNEMENT-DECLARATION
Dakar, 8 sept (APS)- Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô a identifié, mardi, sept contraintes structurelles freinant la transformation du Sénégal, affirmant qu’elles doivent servir de leviers d’action plutôt que de prétexte à l’inaction.
Le Sénégal doit poursuivre le cap fixé par le référentiel national de transformation systémique Sénégal 2050, tout en adaptant les méthodes de conduite de l’action publique aux réalités économiques, sociales, administratives, environnementales et géopolitiques du pays, a affirmé le chef du gouvernement dans sa déclaration de politique générale.
La première contrainte évoquée concerne le contrat social, présenté comme le socle de toute réforme. Pour M. Lô, aucune transformation durable ne peut être engagée sans confiance de la nation, adhésion des citoyens, loyauté des acteurs sociaux, effort partagé et exemplarité de l’Etat.
La deuxième contrainte est d’ordre financier. Dans un contexte de financement devenu plus exigeant, souligne le Premier ministre, il est nécessaire de restaurer progressivement la crédibilité financière du Sénégal, de mobiliser davantage de ressources endogènes et d’opérer des choix rigoureux en matière d’investissements, en privilégiant ceux susceptibles de créer de la valeur.
La troisième contrainte est liée au défi démographique, a relevé le chef du gouvernement, insistant sur la jeunesse de la population sénégalaise dont une importante proportion a moins de 35 ans. Il considère cette jeunesse comme ‘’la première richesse‘’ du pays, à condition de pouvoir la former, la soigner et l’insérer dans le marché du travail au rythme de son arrivée.
À défaut, prévient-il, cet avantage démographique pourrait se transformer en ‘’surcharge‘’ puis en source de colère.
La quatrième contrainte concerne l’efficacité administrative et opérationnelle, selon Ahmadou Al Aminou Lô qui a déploré les insuffisances observées dans la préparation de certains projets, les délais excessifs, les chaînes de décision interminables ainsi que les faiblesses du suivi. Il a annoncé une réforme des méthodes d’élaboration, de mise en œuvre, de pilotage et d’évaluation des projets et programmes, avec un accent particulier sur la culture du résultat et de l’impact.
S’agissant de la cinquième contrainte qui porte sur les risques climatiques et environnementaux, indique-t-il, le Sénégal reste exposé à la hausse des températures et à l’élévation du niveau de la mer, tandis que son économie demeure fortement dépendante des conditions climatiques, notamment dans les secteurs agricole et pastoral. Le Premier ministre a également alerté sur les menaces qui pèsent sur l’environnement marin et l’économie bleue, appelant à une meilleure maîtrise des risques climatiques.
La sixième contrainte touche à l’environnement des affaires et au développement du secteur privé national. Le chef du gouvernement a constaté, à cet effet, la faiblesse de la capitalisation des entreprises sénégalaises et plaidé pour l’émergence de véritables champions nationaux, aussi bien dans les grandes entreprises que dans les PME-PMI et l’artisanat.
Il a parallèlement insisté sur la nécessité d’attirer les investissements directs étrangers dans les secteurs à fort potentiel de valeur ajoutée et d’emploi, notamment à travers des mécanismes de partenariat public-privé et de co-investissement.
Enfin, la septième contrainte relève de l’environnement international et régional, marqué, selon M. Lô, par une forte volatilité, des tensions et des recompositions. Dans ce contexte, il estime que le Sénégal doit préserver son statut de pôle de stabilité, d’espace de dialogue et d’acteur de paix.
Le Premier ministre a ainsi défendu une conception de la souveraineté fondée sur la capacité du Sénégal à défendre ses intérêts dans un environnement international complexe, en s’appuyant notamment sur son ‘’soft power‘’, tout en renforçant progressivement ses capacités stratégiques.
‘’Ces sept contraintes ne sont pas des prétextes à la prudence. Elles sont la matière même de notre responsabilité‘’, a-t-il déclaré, estimant qu’elles traduisent à la fois ”la hauteur de la tâche et la gravité du mandat‘’.
Pour le chef du gouvernement, la réponse à ces contraintes devra reposer sur une approche fondée sur la lucidité, la responsabilité, l’efficacité de l’action publique et une meilleure capacité de transformation des politiques en résultats concrets pour les populations.
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