SENEGAL-ARMEES
Dakar, 17 fev (APS) – Le vice-amiral d’escadre Oumar Wade, installé dans ses fonctions de nouveau chef d’état-major des armées sénégalaises, a listé, mardi, ses priorités face à des ‘’défis multiples et concurrents’’, affirmant son ‘’ambition claire’’ de poursuivre l’édification continue d’une armée professionnelle et soucieuse de sécurité collective sous régionale et de développement socio-économique du pays.
‘’Notre époque nous confronte donc à un environnement sécuritaire en mutation profonde et accélérée. Face aux défis multiples et concurrents, mes priorités en tant que chef d’état-major général des armées s’appliquent autour d’une ambition claire’’ qui est celle de ‘’poursuivre inlassablement l’édification d’une armée professionnelle ancrée dans son cœur de métier, prête à l’emploi par son organisation républicaine et soucieuse du développement socio-économique de la nation, tout en contribuant significativement à la sécurité collective sous régionale’’ a-t-il déclaré lors de sa cérémonie d’intronisation.
Sa première priorité, a-t-il dit est de parachever le format 2025 et de préparer l’horizon 2035, faisant savoir que les armées sénégalaises se situent à une ‘’période charnière de fin de cycle de renforcement capacitaire avec la finalisation du format 2025 et d’amorce du plan de consolidation 2025-2029 visant à combler certains déficits’’.
Dans le cadre d’un plan directeur annuel, le nouveau CEMGA a fait mention d’une politique d’acquisition réaliste qui permette de répondre aux besoins immédiats en équipement des forces, qui prenne en compte leur durée de vie et l’optimisation de leur coût de possession.
Un renforcement du dispositif sécuritaire à l’est
La deuxième priorité, selon lui, vise à renforcer la posture sécuritaire orientale, face à l’instabilité persistante au Sahel et ses répercussions directes sur la sécurité nationale.
‘’La densification du maillage sécuritaire dans la zone de responsabilité orientale constituera un axe prioritaire de notre dispositif militaire’’, a notamment dit le vice-amiral Oumar Wade.
Sa troisième priorité , a-t-il ajouté, consistera à adapter la politique des ressources humaines, un ‘’chantier organique principal’’ avec une vision globale du parcours professionnel du militaire sénégalais, allant du recrutement à la reconversion.
‘’Nous devons mieux identifier les profils dont les différentes composantes ont besoin, formées et qualifiées pour les emplois à tenir, réaliser qualitativement les tableaux des effectifs par la création de nouvelles filières en intégrant les nouveaux métiers, assurer l’adéquation emploi-qualification-grade, préparer la reconversion et améliorer l’environnement social du militaire’’, a indiqué le CEMGA.
Il a aussi promis d’accorder une attention particulière aux centres, écoles, instituts de formation et d’enseignements, qui devront constituer un ensemble adapté, cohérent, avec un encadrement suffisant et de grande qualité.
Ancrage territorial et communautaire
‘’Ma quatrième priorité sera d’améliorer la préparation et la logistique opérationnelle, car elles garantissent l’aptitude à l’engagement. Si c’est vrai que nos engagements sont de plus en plus inter-armées, ceci ne saurait être efficace sans des expertises d’armée consolidées’’, a-t-il déclaré
Le vice-amiral d’escadre Oumar Wade a également soutenu que l’efficacité des trois armées (terre, air et mer) doit reposer sur un soutien constant, adapté et délivré au plus près.
A cet effet, a-t-il souligné, les services pourvoyeurs doivent disposer de capacités à la hauteur de nos objectifs opérationnels, afin d’éviter un grand décalage entre les différentes composantes des armées.
‘’La dernière priorité est d’ancrer la résilience territoriale dans la communauté. L’hybridité des menaces, les risques liés aux changements climatiques, les risques industriels auxquels les populations sociales sont soumises exigent le développement des capacités de résilience au plus près pour faire face et se relever le plus vite’’, a affirmé le CEMGA.
Selon lui, l’ancrage communautaire de la résilience territoriale passera par la création d’une culture de défense partagée indispensable à la cohésion nationale face aux défis sécuritaires car, a-t-il ajouté, la veille citoyenne constitue le premier maillon dans la protection.
Cela passe par notamment par un appui et une collaboration avec les autorités territoriales, at-fait savoir, ajoutant que la consolidation du lien armée-nation s’appuiera sur un service national élargi combinant formation civile, initiation à la défense et contribution au développement local. Afin de créer un vivier de jeunes Sénégalais conscients des enjeux sécuritaires.
AFD/ABB

