Le manioc, une denrée de souveraineté alimentaire peu exploitée
Le manioc, une denrée de souveraineté alimentaire peu exploitée

SENEGAL-AGRICULTURE

Taïba Ndiaye, 11 août (APS) – La présidente du Regroupement national des femmes transformatrices de manioc, Penda Sarr, appelle les pouvoirs publics sénégalais à investir dans l’exploitation de cette tubercule, ‘’une vraie filière de souveraineté alimentaire’’, dont elle vante la capacité à nourrir le pays et à créer des emplois.

‘’Je vois l’avenir de la filière manioc au Sénégal avec beaucoup d’espoir, mais à condition qu’on y investisse dès maintenant’’, assure Mme Sarr dans un entretien avec l’APS.

C’est une filière d’avenir en raison de la capacité d’emplois dont elle regorge et de sa capacité à réduire les importations de céréales, selon elle.

Le Regroupement national des femmes transformatrices de manioc réunit des milliers de femmes vivant majoritairement dans le monde rural, selon sa présidente. D’après elle, cette organisation est représentée dans toutes les régions du pays.

La transformation du manioc s’effectue en plusieurs étapes, qui vont de l’épluchage au râpage en passant par le pressage, le séchage, l’emballage et la commercialisation. C’est une activité très diversifiée, qui comprend plusieurs volets : le transport, le commerce, la fourniture d’intrants agricoles, etc.

Le manioc, une denrée de souveraineté alimentaire peu exploitée

Des équipements et des formations pour améliorer la qualité

Gari, atiéké, farine de manioc, biscuits, beignets, ‘’fataya’’, amidon, etc. Ses dérivés sont nombreux. Le manioc est une denrée très nourrissante pour l’être humain et le bétail. Tout cela en fait une denrée de base pour la sécurité alimentaire et la réduction des importations de céréales, le blé et le riz notamment, selon Penda Sarr. Elle relève la capacité du manioc à pousser et à produire, quelle que soit la saison.

‘’Le manioc transformé réduit la dépendance envers les importations de riz et de blé. C’est un produit cent pour cent ‘made in Sénégal’’’, dit Mme Sarr.

Malgré ces atouts, la filière manioc est confrontée à plusieurs difficultés, dont l’insuffisance d’équipements, le faible accès au financement et les obstacles à la commercialisation, d’après Penda Sarr.

Elle trouve la filière sous-exploitée.

Penda Sarr plaide pour le renforcement des capacités des femmes spécialisées dans la transformation de cette céréale.

Penda Sarr juge nécessaire de dispenser des formations aux membres du Regroupement national des femmes transformatrices de manioc, notamment dans les domaines de la transformation, du conditionnement et de l’emballage.

‘’Nous souhaitons accéder à davantage de formations. C’est indispensable pour la qualité’’, a plaidé la native de Taïba Ndiaye, dans le département de Tivaouane (ouest), l’une des principales zones de production de manioc du pays.

Selon Mme Sarr, l’amélioration de la qualité des produits dérivés de cette céréale dépend aussi de l’accès des producteurs et des transformateurs aux équipements. Elle fait part de la volonté de l’association qu’elle dirige d’assurer une présence massive des transformatrices sur les plateformes digitales, dont WhatsApp, Facebook, Instagram et TikTok. Ces outils facilitent la commercialisation de la production de manioc, d’après Penda Sarr.

Le manioc, une denrée de souveraineté alimentaire peu exploitée

La présidente du Regroupement national des femmes transformatrices de manioc appelle l’État à soutenir davantage les transformatrices de manioc en mettant à leur disposition des financements et des équipements destinés à la transformation. Elle préconise une amélioration des infrastructures de base dans les zones de production : l’accès à l’eau, à l’électricité et aux routes.

Penda Sarr souhaite une mobilisation soutenue des partenaires techniques et financiers, le renforcement de la collaboration avec l’Institut sénégalais de recherches agricoles, les centres départementaux d’assistance et de formation pour la femme et les autres acteurs du secteur.

‘’La filière manioc, c’est l’avenir’’

Mme Sarr adresse une requête particulière au ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, pour un accompagnement ‘’important’’ de la filière.

La présidente du Regroupement national des femmes transformatrices de manioc invite les jeunes à s’investir davantage dans cette filière.

‘’La filière manioc, c’est l’avenir’’, lance-t-elle aux jeunes, leur suggérant de participer à la transformation.

Le manioc est facteur important de diversification de l’alimentation, selon Penda Sarr. Le pain à base de manioc est une alternative au blé, dit-elle, espérant que des partenariats seront noués autour de cette filière en guise de soutien aux transformatrices de manioc.

MKB/ADI/ESF