Le fonds de stabilité financière de l’UEMOA, un pilier essentiel du bon fonctionnement de l’économie de la zone (économiste)
Le fonds de stabilité financière de l’UEMOA, un pilier essentiel du bon fonctionnement de l’économie de la zone (économiste)

SENEGAL-AFRIQUE-ECONOMIE

Dakar, 4 août (APS) – L’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a activé son fonds de stabilité financière (FSF), que l’économiste sénégalais Serigne Momar Seck considère comme ‘’un pilier essentiel’’ du bon fonctionnement des économies des pays membres de cette organisation.

Le Conseil des ministres de l’UEMOA a procédé à la mise en place officielle du FSF, lors d’une réunion qui a eu lieu début juillet dernier à Ouagadougou, rapporte l’agence d’information économique et financière Ecofin, sur la base d’une note de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest, que partagent les huit pays de ladite union monétaire.

Ecofin explique que le fonds de stabilité financière va servir à renforcer la prévention et la gestion des risques financiers auxquels pourraient être confrontés les États membres de l’UEMOA.

Le FSF, avec un fonds initial de 383 milliards de francs CFA, permettra aux États membres de cette union monétaire d’anticiper et de contenir les crises susceptibles de menacer la stabilité financière de la zone, en leur fournissant une assistance d’urgence lorsque survient un risque de défaut de paiement.

‘’Un fonds de stabilité financière est un pilier essentiel pour le bon fonctionnement d’une union monétaire. Il permet d’apporter un soutien financier temporaire aux États membres confrontés à des difficultés économiques ou budgétaires, d’éviter qu’une crise survenue dans un pays ne se propage à l’ensemble de la zone monétaire et de renforcer la confiance des investisseurs dans la monnaie commune’’, a expliqué Serigne Momar Seck à l’APS.

Économiste en chef à l’Agence monétaire de l’Afrique de l’Ouest (AMAO), une institution spécialisée de la CEDEAO basée à Freetown, en Sierra Leone, M. Seck relève ‘’l’importance de disposer d’un tel mécanisme de solidarité pour préserver la stabilité de l’union monétaire’’.

D’après lui, les pays membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest travaillent, depuis 2021, à la mise en place d’un fonds de solidarité et de stabilisation de la CEDEAO (FSSC).

Un mécanisme de solidarité financière

Le comité d’experts chargé de ce projet a approuvé, en 2023, le montant du FSSC. Il a ensuite validé, en 2025, son cadre juridique et réglementaire.

‘’Les travaux se poursuivent actuellement sur l’évaluation des candidatures en vue de la sélection du pays devant accueillir le siège du FSSC’’, a signalé Serigne Momar Seck.

Il rappelle que la CEDEAO dispose déjà d’un mécanisme de solidarité financière, dont la mission est différente de celle du fonds de solidarité et de stabilisation en cours de création.

‘’À travers ses institutions financières régionales, notamment la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO et différents dispositifs d’appui aux États membres, l’organisation a déjà contribué à financer des programmes de soutien économique, des infrastructures et des réponses à certaines crises nationales’’, a observé l’économiste en poste à l’AMAO.

‘’Cependant, ces instruments n’ont pas été conçus comme un véritable fonds de sauvetage destiné à secourir un État confronté à une crise budgétaire ou financière majeure. Ils jouent davantage un rôle de financement du développement que de stabilisation macroéconomique’’, a-t-il précisé.

M. Seck tient à signaler qu’‘’il n’existe pas d’exemple clairement identifié où la CEDEAO aurait évité à elle seule la faillite d’un État membre, grâce à un mécanisme comparable aux fonds de stabilité mis en place dans d’autres unions monétaires’’.

‘’Les difficultés rencontrées par certains pays de la région ont généralement été prises en charge à l’aide d’une combinaison de mesures nationales et de partenaires extérieurs tels que le Fonds monétaire international, la Banque mondiale, la Banque africaine de développement ou les marchés financiers’’, a-t-il expliqué.

ESF/MTN