Le film documentaire ”Papisto boy, peintre au pied du mur”, projeté en première à Dakar
Le film documentaire ”Papisto boy, peintre au pied du mur”, projeté en première à Dakar

SENEGAL-CINEMA

Dakar, 18 sept (APS) – Le film documentaire ”Papisto boy, peintre au pied du mur”, du réalisateur sénégalais Mousse Sène Absa, a été projeté à l’Institut français de Dakar, pour la première fois au Sénégal, jeudi soir, en hommage à Pape Mamadou Samb (1951-2014), un pionnier de la peinture murale et de l’art urbain au Sénégal, a constaté l’APS.

Réalisé en 1991, ce film de 13 minutes retrace le parcours de l’artiste à travers sa démarche esthétique et politique, dans son quartier de Bel-Air, à Dakar.

”Pour moi, c’était une manière d’accompagner ce grand artiste personnellement. Je me rappelle qu’il nous disait : aujourd’hui je n’ai pas de peinture, donc je vais utiliser des craies et il achetait des craies de couleur. Cette position de l’artiste sur la société m’a beaucoup intéressé”, a déclaré le réalisateur.

Intervenant lors d’une table ronde organisée au terme de la projection du film, Moussa Sène Absa a fait observer que l’importance du travail de cet artiste est bien mieux perçu aujourd’hui que de son vivant.

Le film documentaire ''Papisto boy, peintre au pied du mur'', projeté en première à Dakar

”Ce film, je l’ai fait avec quatre bobines. Quatre bobines de 16 millimètres, cela veut dire 46 minutes de rush. Une bobine, c’est 12 minutes. Je me suis battu pour payer le labo avec mon argent et je pense que ce qui manque le plus, c’est aussi cet engagement-là”, indique le cinéaste.

Le rôle de l’artiste, rappelle-t-il, ”c’est de garder l’empreinte comme une image figée d’une époque”, tout en la ”conservant”.

Le rôle de l’artiste, c’est aussi de se dire “cela doit me dépasser, survivre à mon existence. Je pense que c’est une position qui manque de plus en plus”, a-t-il ajouté.

”C’était un homme qui a été très généreux, qui avait tout un discours, et qui a eu une constance, 40 ans, voire plus, sur des murs d’une zone industrielle. C’est une performance”, a pour sa part soutenu, le chercheur et spécialiste des expressions culturelles, Wagane Guèye.

Il a insisté sur la dimension spirituelle de certaines œuvres de Papisto Boy, rappelant que l’artiste était également un ”fervent chantre du mouridisme”.

Il a toutefois déploré l’état de dégradation avancée dans lequel se trouvent aujourd’hui certaines de ses fresques murales.

De son vrai nom Pape Mamadou Samb, Papisto Boy était un célèbre peintre muraliste et pionnier du graffiti urbain au Sénégal.

AMN/HB/BK