SENEGAL-AFRIQUE-CULTURE
Dakar, 7 avr (APS) – ”Oui, c’est une histoire d’amour, c’est notre histoire”, a déclaré la chanteuse malienne Mariam Doumbia, à propos du documentaire ”Amadou et Mariam : Sons du Mali”, dont l’avant-première africaine est prévue jeudi à l’Institut français de Dakar, saluant au passage le choix de la capitale sénégalaise pour accueillir cet événement.
Dans un entretien exclusif accordé à l’APS, l’artiste s’est dite ”très contente” de présenter ce film à Dakar, mettant en avant les liens historiques et culturels entre le Sénégal et le Mali.
”Le Sénégal et le Mali sont des pays frères”, a-t-elle martelé, précisant que la sortie du film à Bamako est prévue le 17 avril, afin de lui permettre d’être présente aux deux rendez-vous.
Réalisé par le cinéaste canadien Ryan Marley, “Amadou et Mariam : Sons du Mali” propose une plongée sensible dans le parcours artistique et personnel du duo emblématique formé par Mariam et son défunt époux Amadou Bagayoko, décédé le 4 avril 2025.
Bien au-delà d’un simple récit biographique, le film explore les ressorts d’une relation fondée sur l’amour, la complicité et une passion commune pour la musique. ”On a tourné au Mali, en France, en Espagne. C’était beaucoup, mais c’est aussi notre travail. C’était bien quand même, c’était amusant”, a confié la chanteuse, évoquant un processus de réalisation intense, mais enrichissant.
Le film met en lumière les différentes étapes de leur carrière, depuis leurs débuts à Bamako jusqu’aux grandes scènes internationales, tout en offrant un regard intime sur leur quotidien. Pour Mariam, revisiter ces souvenirs n’a pas été sans émotion, notamment depuis la disparition de son compagnon.
”Quand je rigole, j’aime ça, quand on est dans le quotidien. Mais entendre la voix d’Amadou, c’est un peu difficile”, a-t-elle reconnu, avant d’ajouter que ”le temps fait son œuvre de paix”.
Malgré cette épreuve, l’artiste affirme puiser sa force dans la musique et dans la relation avec son public, pour “continuer à être dans la joie avec le public, toujours partager la joie”, insistant sur l’importance de maintenir vivant l’esprit du duo.
A travers ce documentaire, Mariam entend également délivrer un message à la jeunesse africaine, invitée à s’inspirer de leur parcours.
”Je voudrais que les jeunes se donnent la main, fassent des efforts pour être dans l’entente et la paix. Qu’ils aient le courage de travailler dur pour laisser leur trace”, en s’armant, dit-elle, des valeurs de solidarité, de persévérance et d’engagement.
La soirée de projection à l’Institut français de Dakar se prolongera par une prestation acoustique exclusive de la chanteuse, promettant un moment de communion avec le public. Fidèle à son sens du partage, Mariam a toutefois choisi de garder le suspense sur le choix des morceaux. ”Ce sera une surprise. Venez et on pourra en parler après”, a-t-elle lancé avec malice.
Son fils sera également présent sur scène, participant activement à la transmission de l’héritage musical familial. “Il interprétera quelques chansons de son papa avec moi. Il me donne la main, je ne suis pas seule. Ça me donne du courage”, a-t-elle confié, mettant en avant le rôle essentiel de la famille dans la continuité de l’œuvre d’Amadou Bagayoko.
Revenant sur l’impact de son duo avec Amadou à travers le monde, Mariam dit espérer que leur parcours servira d’exemple. ”J’espère que les artistes et les gens se disent qu’avec du travail et du courage, on peut porter son message sans frontières et qu’on peut être ensemble”, a-t-elle déclaré.
Figure majeure de la musique africaine contemporaine, le couple a su, au fil des années, imposer un style unique mêlant sonorités traditionnelles maliennes et influences modernes, conquérant un public bien au-delà du continent africain.
Après cette avant-première dakaroise, Mariam entend poursuivre ses activités artistiques, pour faire des concerts et promouvoir le nouvel album du duo.
Une manière pour elle de faire vivre, encore et toujours, l’héritage d’une œuvre musicale profondément ancrée dans l’amour, la résilience et l’ouverture au monde.
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