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Dakar, 25 fév (APS) – Le Conseil pour l’observation des règles d’éthique et de déontologie dans les médias (CORED) a consacré, mercredi, son traditionnel “cas d’école” à la chronique journalistique, un genre qu’il considère comme un exercice exigeant et rigoureux, tout en déplorant les dérives qui tendent à la transformer en instrument de propagande politique ou de désinformation.
La rencontre portant sur le thème “La chronique, un genre journalistique majeur dévoyé”, a enregistré la présence de journalistes reconnus dans la pratique de genres journalistiques dits d’opinion, ainsi que des formateurs en journalisme.
Le 10e numéro de cette rencontre bimestrielle d’échanges et de réflexion a été animé par de grandes figures de la presse sénégalaise comme Henriette Niang Kandé (Sud Quotidien), Pape Samba Kane et Sidy Diop (Le Soleil).
Les débats se sont déroulés sous la conduite de Cheikh Tidiane Ndiaye, ancien rédacteur en chef de l’Agence de presse sénégalaise (APS) connu pour sa grande maitrise de genres journalistiques consacrés au commentaire et à l’analyse.
“C’est un journaliste expérimenté, qui a du vécu, qui est spécialisé. Mais il peut ne pas être journaliste aussi. Souvent, une expertise, j’ai l’habitude de dire, par exemple, qu’un général d’armée peut valablement faire une chronique sur des questions de défense. Tout comme un médecin peut faire une chronique sur des questions de santé”, a expliqué Sidi Diop, un des panélistes, en répondant à la question qui peut être chroniqueur.
Selon le journaliste et éditorialiste au quotidien national Le Soleil, la chronique a été délaissée par les journalistes avant d’être dévoyée.
“Comme on dit, la nature a horreur du vide. Si les journalistes qui sont formés à la bonne école, qui ont du vécu, qui ont de l’expérience, délaissent ce genre, évidemment d’autres vont se l’approprier. Parce que c’est un genre qui est très rapide pour installer une signature”, a-t-il martelé.

Selon Sidy Diop, formateur au Centre d’études des sciences et techniques de l’information (CESTI), l’école de journalisme et de communication de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, “ceux que l’on désigne comme chroniqueurs le sont par l’usage que nous-mêmes, journalistes, faisons de cette appellation”.
“Mais est-ce qu’eux, ils ont cette prétention d’être chroniqueurs ? Souvent, ce n’est pas eux qui s’appellent chroniqueurs. Mais c’est souvent les rédactions, c’est le public qui les prend comme chroniqueurs. Mais eux, souvent, c’est des commentateurs de l’actualité”, a encore fait valoir M. Diop.
“Nous avons constaté que tout le monde avait cette casquette de chroniqueur, entre guillemets. Et ce qui nous a le plus inquiété, c’était les prises de parole sur les plateaux, les intervenants qui, à la limite, calomniaient énormément, versaient dans la diffamation et étaient ceux qui alimentaient la désinformation”, a dit la journaliste et chargée de la communication du CORED, Nina Penda Faye, en justifiant la tenue de ce cas d’école.
Cette rencontre, explique-t-elle, était une occasion pour “le CORED d’attirer l’attention des uns et des autres et de faire en sorte que ceux qui veulent être des chroniqueurs apprennent et sachent comment faire une chronique”.

CMS/SMD/BK

