Le chorégraphe mozambicain Idio Chichava envoûte le public dakarois avec ”Vagabundus”
Le chorégraphe mozambicain Idio Chichava envoûte le public dakarois avec ”Vagabundus”

SENEGAL-CULTURE-PRESTATION

Dakar, 7 mai (APS) – La pièce de danse contemporaine Vagabundus, du chorégraphe mozambicain Idio Chichava, a été présentée mercredi soir au Théâtre national Daniel Sorano, offrant au public dakarois une expérience scénique intense, mêlant chant, mouvement et énergie collective.

‎Initiée par l’Institut français de Dakar, cette représentation s’inscrit dans le prolongement de la Biennale de la danse en Afrique, tenue récemment à l’École des Sables, à Toubab Dialaw, à une cinquantaine de kilomètres de Dakar.

‎Sur scène, treize interprètes occupent l’espace dans une configuration épurée, sans décor, où seuls les corps et les voix structurent la dramaturgie.

Dans une dynamique presque rituelle, les danseurs enchaînent déplacements, respirations collectives et séquences chantées, créant une matière sonore et physique dense.

‎La pièce évolue en vagues successives, alternant tensions, accélérations et moments d’apaisement.

Les corps s’agrègent puis se dispersent, dessinant un mouvement continu qui évoque des trajectoires humaines, entre errance, ancrage et transformation.

Le spectacle se distingue par une fusion constante entre danse et chant, inscrite dans une approche que le chorégraphe relie aux traditions africaines. Les voix, tantôt puissantes, tantôt murmurées, accompagnent et prolongent le geste, installant une proximité avec le public.

‎Certaines séquences introduisent des respirations plus légères, teintées d’humour, qui contrastent avec l’intensité globale de la pièce, tout en enrichissant sa dramaturgie.

‎A travers cette création, Idio Chichava propose une réflexion sur la migration, envisagée comme une expérience du corps et un processus de transformation.

L’œuvre explore également le passage des danses traditionnelles vers une écriture contemporaine, revendiquée comme un nouveau langage artistique.

Vagabundus, fruit de près de deux années de recherche et déjà présenté sur plusieurs scènes internationales, a suscité une forte adhésion du public dakarois, réactif et engagé tout au long de la représentation.

‎”Cette pièce nous amène à une réflexion sur la migration […] mais ce n’est pas un regard politique ou géographique. C’est une expérience du corps”, a expliqué le Idio Chichava à l’issue de la représentation, la cinquante unième d’un circuit mondial.

‎Selon lui, l’étape dakaroise marque une relance du cycle. ”On recommence ici un nouveau cycle […] et le public nous redonne de l’énergie”, a-t-il confié.

Pour la directrice déléguée de l’Institut français de Dakar, Valérie Lesbros, cette programmation vise à prolonger la dynamique de la Biennale et à offrir aux publics locaux l’accès à des œuvres majeures de la scène chorégraphique africaine contemporaine.

MK/SBS/HB/BK