Une personne souffrant d’AVC perd deux millions de neurones par minute en moyenne, selon un neurologue
Une personne souffrant d’AVC perd deux millions de neurones par minute en moyenne, selon un neurologue

SENEGAL-SANTE

Dakar, 6 fev (APS) – Le professeur Maouly Fall, chef du service de Neurologie de l’hôpital de Pikine, à Dakar, a alerté, ce vendredi, sur les risques liés au retard dans la prise en charge d’un l’accident vasculaire cérébral (AVC), une maladie qui entraine en moyenne une perte de 2 millions de neurones par minute en moyenne lorsqu’elle survient.

‘’Si jamais l’AVC survient, il faut savoir identifier les signes et aller dans une structure appropriée le plus rapidement possible pour pouvoir bénéficier d’une prise en charge urgente, parce qu’on perd des neurones. En moyenne, on perd 2 millions de neurones par minute dès que l’AVC s’installe’’, a déclaré le neurologue, précisant que ‘’les neurones sont de petites cellules qui constituent le cerveau’’.

Il prenait part à la cérémonie officielle de la 5e édition des journées scientifiques de l’association sénégalaise de neurologie qui se tiennent du 4 au 8 février. 

Le thème principal de ces journées porte sur ‘’Urgences neurologiques’’, tannique celui du pré-congrès est axé sur les ‘’maladies héréditaires du métabolisme’’.

Selon le neurologue Maouly Fall, par ailleurs président du comité d’organisation des cinquièmes journées scientifiques, les accidents vasculaires cérébraux constituent une ‘’urgence majeure’’, suggérant qu’il faudrait les identifier très tôt pour assurer une bonne prise en charge afin de limiter la mortalité qu’ils induisent.

‘’ Les AVC deviennent de plus en plus fréquents, mais également plus graves’’, a-t-il ajouté.

‘’En termes de chiffres, tout ce qu’on peut dire dans les deux services de neurologie du Sénégal, est que sur trois malades, deux sont hospitalisés pour un AVC’’, a fait savoir le professeur Maouly Fall.

‘’Si vous prenez également trois malades qui décèdent, l’un est emporté par un AVC. Ces chiffres sont alarmants et ne concernent pas uniquement le Sénégal. Le constat est les même dans les grands services de neurologie de la région ouest-africaine’’, a-t-il constaté.

Face à cette situation, le neurologue recommande des attitudes de prévention des risques, comme la consultation chez un spécialiste pour une bonne prise en charge et une limitation des complications causées par l’AVC’’, a suggéré le professeur Fall.

Il a en outre déploré le déficit de spécialistes qui impacte la bonne prise en charge des urgences neurologiques.

‘’On peut dire qu’il n’y a pas assez de neurologues au Sénégal parce que le nombre que nous avons tourne aux alentours de 75 praticiens pour un peu plus de 18 millions d’habitants’’, a signalé le neurologue.

Toutefois, ’’comparé à la sous-région, le Sénégal est en avance’’, a-t-il dit, soutenant qu’’’on peut mieux faire pour doubler voire même tripler ce nombre, Peut-être, d’ici 5 voire 10 ans, ce sera le cas’’.

S’y ajoute, selon lui, le nombre réduit de services de prise en charge dédiés aux urgences neurologiques, qui s’élève à deux : celui de l’hôpital de Fann et celui de l’hôpital de Pikine, a-t-il affirmé.

NSS/ABB