L’aquaculture est un levier de souveraineté alimentaire et d’emplois, selon un expert
L’aquaculture est un levier de souveraineté alimentaire et d’emplois, selon un expert

SENEGAL-ECONOMIE-PECHE

Dakar, 18 juil (APS) – L’aquaculture s’impose comme l’un des principaux leviers la souveraineté alimentaire, de la création d’emplois et d’une économie bleue durable, a souligné samedi Abdoulaye Thioune expert en aquaculture.

‘’Au-delà de la production de poisson, l’aquaculture est présentée comme une filière capable de générer des emplois sur l’ensemble de sa chaîne de valeur, depuis la production d’alevins jusqu’à la transformation, la commercialisation, le transport, la maintenance des équipements et les services numériques. Pour un pays où des milliers de jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail, le secteur représente une opportunité importante d’insertion professionnelle et d’entrepreneuriat’’, a-t-il déclaré.

Il animait un panel sur la situation et les enjeux de l’aquaculture au Sénégal. Une rencontre qui entre dans le cadre des 72 heures d’activités organisées par l’Amicale des étudiants de l’Institut universitaire de pêche et d’aquaculture (AE-IUPA).

Ces journées sont placées sous le thème ‘’Pêche et aquaculture au Sénégal : enjeux de durabilité, d’innovation et d’opportunités pour les jeunes’’.

‘’Le pays fait face à un paradoxe. Bien que doté d’importantes ressources en eaux continentales et maritimes, il peine à satisfaire une demande nationale de plus en plus forte en produits halieutiques. Or, le poisson demeure la principale source de protéines animales pour des millions de Sénégalais et occupe une place centrale dans les habitudes alimentaires et le patrimoine culturel du pays’’, a analysé M.Thioune.

Selon lui, la pêche de capture, longtemps pilier de l’économie nationale, atteint aujourd’hui ses limites sous l’effet conjugué de la surexploitation des stocks, la croissance démographique, le changement climatique, la pollution et la dégradation des écosystèmes.

L'aquaculture est un levier de souveraineté alimentaire et d’emplois, selon un expert

‘’Cette évolution réduit progressivement la disponibilité du poisson et renforce la nécessité de développer des solutions alternatives’’, a relevé l’expert en aquaculture, soulignant que dans ce contexte, l’aquaculture apparaît comme une réponse ‘’stratégique’’.

Il a rappelé qu’à l’échelle mondiale, la production aquacole a dépassé celle de la pêche de capture en 2022, confirmant la place grandissante de l’aquaculture dans l’approvisionnement alimentaire. 

Le Sénégal entend s’inscrire dans cette dynamique en portant sa production aquacole à 20 000 tonnes d’ici 2030, contre environ 3 000 tonnes actuellement, a fait savoir l’expert en aquaculture.

Il a souligné que le pays dispose de nombreux atouts pour réussir cette transition, notamment un littoral de plus de 700 kilomètres, les fleuves Sénégal, Gambie et Casamance, ainsi que des écosystèmes favorables à la pisciculture, à l’ostréiculture et à la mariculture.

‘’Ces ressources restent toutefois encore largement sous-exploitées en raison de contraintes techniques, financières et organisationnelles’’, a fait observer Abdoulaye Thioune.

C’est  pourquoi il a suggéré le renforcement des investissements dans la recherche, l’innovation, la biosécurité, l’intelligence artificielle appliquée à l’aquaculture et la formation des ressources humaines.

NSS/ABB