L’ANSD consulte les acteurs économiques avant la collecte de la deuxième édition du RGE en 2027
L’ANSD consulte les acteurs économiques avant la collecte de la deuxième édition du RGE en 2027

SENEGAL-ECONOMIE-STATISTIQUES

Dakar, 20 oct (APS) – L’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) a lancé, mardi à Dakar, une concertation avec les producteurs et utilisateurs de statistiques, en vue d’adapter le questionnaire de la deuxième édition du Recensement général des entreprises (RGE-2) aux besoins d’information des acteurs économiques, avant la collecte prévue en 2027.

“On a élaboré un projet de questionnaire. L’atelier aujourd’hui s’inscrit dans le cadre de pouvoir recueillir les besoins en information de ces acteurs qui interagissent avec le milieu de l’entreprise”, a expliqué Mambodji Fall, coordonnateur de l’unité de mise en œuvre du RGE-2 à l’ANSD.

La cérémonie marquant le lancement officiel de cette concertation, doit permettre d’évaluer leurs besoins en information et d’examiner les possibilités de les intégrer au questionnaire du recensement.

Selon lui, cette deuxième édition vise principalement à disposer d’informations actualisées sur le tissu productif national, dix ans après le premier recensement réalisé en 2016.

L’opération permettra notamment de connaître la répartition territoriale et sectorielle des entreprises, ainsi que les caractéristiques de leurs propriétaires et dirigeants, a-t-il précisé, en présence de nombreux acteurs du monde de l’entreprise.

“Un autre élément, c’est de pouvoir aujourd’hui disposer de la structuration en termes de taille, donc comment les petites, moyennes et grandes entreprises sont réparties au niveau du territoire dans le tissu productif”, a-t-il indiqué.

“Le recensement devra également permettre d’évaluer la place de l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes dans l’économie nationale, de suivre la démographie des entreprises”, a estimé M. Fall, ajoutant que les informations sur les entreprises créées par cette catégorie et l’évolution de ces dernières permettent de documenter leurs pratiques en matière de gestion environnementale.

Évoquant les difficultés liées à la prise en compte du commerce électronique, M. Fall a relevé les limites des méthodes classiques de recensement pour identifier les vendeurs en ligne, dont certains ne disposent pas de lieu d’activité facilement repérable.

“Les ventes en ligne, c’est une activité un peu spéciale par rapport à l’approche classique”, d’où la dia-t-il expliqué, soulignant les difficultés à retrouver ces acteurs sur place.

Pour pallier cela, l’ANSD a mis en place une équipe chargée de réfléchir à une méthode d’identification spécifique, reposant notamment sur une modélisation.

“À ce stade, c’est en réflexion”, a-t-il précisé, ajoutant que l’ANSD envisage d’échanger avec les acteurs du secteur numérique afin de leur présenter l’approche retenue et de recueillir leurs orientations pour l’affiner.

Représentant le directeur général de l’ANSD, le directeur de l’École nationale de la statistique et de l’analyse économique (ENSAE), Idrissa Diagne, a souligné le caractère stratégique de cette opération pour la connaissance du tissu économique sénégalais.

“Cette deuxième édition permettra de disposer d’une base de données fiable, actualisée et exhaustive des unités économiques exerçant sur l’ensemble du territoire national”, a-t-il déclaré à l’ouverture de l’atelier.

Selon lui, les résultats du recensement permettront notamment d’améliorer la qualité des enquêtes économiques, de renforcer la robustesse des comptes nationaux et de mieux orienter les politiques publiques.

Ils fourniront également aux investisseurs, aux entrepreneurs, aux chercheurs, aux universitaires et aux partenaires au développement des informations sur les caractéristiques du tissu économique national, d’après Idrissa Diagne.

“Les données collectées permettront de mieux valoriser le potentiel économique du Sénégal, d’accompagner les initiatives entrepreneuriales et de soutenir des politiques publiques plus efficaces au bénéfice de nos populations”, a affirmé M. Diagne.

Il a insisté sur la nécessité d’une forte mobilisation des acteurs économiques, notamment les chambres consulaires, les organisations professionnelles, les associations de commerçants, d’artisans et d’entrepreneurs, les collectivités territoriales et les médias, pour assurer la réussite de l’opération.

Leur implication devra, selon lui, contribuer à instaurer un climat de confiance et à encourager les chefs d’entreprise à réserver un accueil favorable aux agents recenseurs et à leur fournir des informations complètes.

Idrissa Diagne a enfin invité les participants à formuler des observations et des propositions d’amélioration du questionnaire, afin de renforcer la pertinence des données qui seront collectées et leur exploitation dans l’élaboration des politiques publiques.

TAB/HB/BK