“L’amour en ses saisons” de Mame Astou Bèye, un hymne à l’éternité de la passion amoureuse
“L’amour en ses saisons” de Mame Astou Bèye, un hymne à l’éternité de la passion amoureuse

SENEGAL-LITTERATURE

Dakar, 22 avr (APS) –La poétesse sénégalaise Mame Astou Bèye dite “La Sophia” explore les multiples visages de l’amour à travers le temps et les épreuves qui font la complexité de ce sentiment, dans son dernier recueil publié en janvier dernier.

Intitulé “L’amour en ses saisons”, ce recueil composé de 71 poèmes parle de l’amour, fragile et indestructible à la fois, dans tous ses états.

Mame Astou Bèye met également en valeur les liens inconditionnels qui résistent au temps et aux épreuves, dont ceux du sang et de l’amitié.

Entre vers et rimes, elle fait constamment usage de la première personne du singulier pour mieux magnifier l’amour, en exposant à dessein sa propre fragilité et sa sensibilité.

Certains des passages de son livre – quand elle évoque par exemple dans l’un de ses vers les “regards figés” des amoureux-traduit toute la nécessité de mettre en avant la sincérité dans toute relation, amoureuse soit-elle ou filiale.

La Sophia décrit l’amour dans toute sa complexité, soulignant “la sérénité et la lumière” que ce sentiment noble apporte aux humains.

“Existe-t-il une limite lorsque deux personnes conjuguent ensemble ce verbe aimer ?”, telle est la question que le lecteur pourrait se poser au regard des vers suivants de l’auteure : “Jusqu’où es-tu prêt à aller. Moi non plus je ne sais pas”.

Mame Astou Bèye invite ses lecteurs à vivre leur amour en profitant de “l’instant  présent”, pendant que l’être aimé, homme, femme, ami(e) ou encore membre de la famille, est encore présent.

Dans son poème intitulé “Mon homme”, la poétesse idéalise un type d’homme dont rêverait toute femme. Entre ces vers, elle dit “Je veux un homme pur. Un homme qui me rassure”.

Le lecteur peut légitimement se demander si un tel homme existe dans un monde réel ou s’il ne se trouve que dans les romans, poèmes ou autres comédies romantiques.

Mame Astou se distingue par une façon particulière de décrire l’amour. Elle le raconte, parfois de manière crue, mais toujours avec des mots justes et biens placés qui donnent à son propos une certaine profondeur philosophique.

L’auteure invite ses lecteurs à vivre l’amour comme un sentiment imparfait, le parfait étant perçu comme “un signe de fin, de limite”. Elle note à ce propos que “l’imparfait est recommencé”, dans son poème intitulé “Premières”.

L’amour conjugué au pluriel

“J’avais l’habitude de dire ‘je’, tu m’as appris de dire nous”, écrit-elle. En lisant ces vers, le lecteur peut arriver à la conclusion que l’égoïsme n’a pas sa place dans l’amour.

La Sophia appelle à conjuguer l’amour au pluriel et à éviter la singularité dans une relation, considérant que le “nous” dans une relation procure “de la sérénité et de la sécurité”.

Mame Astou ne magnifie pas seulement l’amour entre l’homme et la femme, elle met également en valeur ce lien fort existant entre père et fille, mère et enfants, un mentor et ses apprenants, ou encore des ami(e)s.

"L'amour en ses saisons" de Mame Astou Bèye, un hymne à l'éternité de la passion amoureuse

Lamour représente pour l’auteure un lien indéfectible, pur, qui résiste au temps, comme cet amour inconditionnel que l’on peut ressentir pour les membres de sa famille.

Elle termine son recueil par une note positive. Un poème sous forme de conversation, dédié à un parent parti dans l’au-delà, ”un père”, des vers à travers lesquels tout lecteur pourrait se retrouver, en pensant aux siens qui l’ont déjà précédé au ciel.

Mame Astou Bèye, surnommée “La Sophia”, en raison de son attachement naturel à la philosophie, est professeure de philosophie, actuellement en service à l’inspection d’académie de Dakar.

Amoureuse des mots, elle entretient avec eux un lien singulier, presque organique, en ce sens qu’ils l’accompagnent, la traversent et la révèlent.

AMN/BK/MTN