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Dakar, 19 déc (APS) – Une étude diagnostique sur l’autonomisation économique des femmes au Sénégal, présentée jeudi par le ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, a mis en évidence des défis liés à l’accès aux ressources productives, au financement, à la formation, à un emploi décent et à l’entrepreneuriat.
Cette étude “met en évidence les défis persistants liés à l’accès des femmes aux ressources productives, au financement, à la formation, à un emploi décent et à l’entrepreneuriat”, a déclaré la ministre de tutelle, Maimouna Dièye, lors d’un atelier national de partage et de consolidation du rapport de l’étude.
Selon Mme Dièye, l’objectif principal de cette étude est d’établir “une situation de référence claire et objective sur l’autonomisation économique des femmes au Sénégal”.
il s’agit de “dresser un état des lieux des réalités actuelles auxquelles sont confrontées les femmes dans le domaine économique, afin de mieux comprendre les défis qu’elles affrontent, les progrès réalisés, mais aussi les lacunes qui restent à combler”.
L’étude relève que l’autonomisation des femmes constitue “quasiment un objectif transversal à toutes les politiques publiques”, mais “malgré les nombreuses stratégies et interventions des structures de l’État, les résultats restent faibles avec peu d’impact”.
“Dès lors, il s’est posé la nécessité de mettre en cohérence toutes ces initiatives, d’harmoniser les interventions pour atteindre l’impact visé”, a souligné la ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités.
Ce constat, a-t-elle laissé entendre, a conduit à l’élaboration de la loi d’orientation sur l’autonomisation économique des femmes, à l’initiative de son département.
Elle a fait noter que “l’autonomisation économique des femmes participe pleinement à la mise en œuvre de la vision Sénégal 2050, référentiel des politiques publiques de notre pays qui ambitionne une transformation systémique de l’économie et de la société sénégalaise fondée sur l’équité, la justice sociale et la valorisation du capital humain”.
“L’autonomisation est un levier stratégique majeur pour atteindre une croissance durable, résiliente et partagée. Le processus d’élaboration de cette loi d’orientation a ainsi démarré par la tenue de cadres régionaux de concertation dans les 14 régions du Sénégal”, a expliqué la ministre.

L’ambassadeur de l’Union européenne au Sénégal, Jean Marc Pisani, a pour sa part déploré que “malgré leur dynamisme entrepreneurial, les femmes font encore face à des barrières structurelles”.
Qu’il s’agisse de l’accès au foncier, au crédit, à la formation professionnelle et technique, “le plafond de verre persiste”, constate le diplomate.
Il rappelle que “les femmes représentent près de 40% de la population active, contribuent à environ 80% de la production agricole et occupent près de 70% du secteur informel, tout en faisant face à des contraintes structurelles persistantes, notamment en matière d’accès au foncier dont elles ne détiennent qu’un peu moins de 14%”.
Les données de l’étude montrent l’ampleur des défis à relever. La participation des femmes au marché du travail reste limitée à un peu moins de 35% contre 58% pour les hommes, sans compter que plus de 94% des femmes entrepreneurs exercent encore dans le secteur informel, soutient Jean Marc Pisani.

AFD/ADL/BK

