SENEGAL-ISLAM-RAMADAN
Dakar, 17 mars (APS) – La Zakât-al-fitr, l’aumône obligatoire versée par chaque musulman à la fin du Ramadan, a pour objectif de purifier le jeûne des fidèles qui s’en acquittent et à nourrir les personnes démunies avant la prière de l’Eid-el-Fitr ou Korité, ont précisé des exégètes musulmans interrogés par l’APS.
“La Zakât-al-fitr poursuit deux objectifs : purifier le jeûne de certaines erreurs commises pendant le mois de ramadan, mais également aider les familles démunies à avoir de quoi se nourrir le jour de la Korité. Donc, elle est destinée aux pauvres musulmans”, souligne Tafsir Abdourahmane Gaye, enseignant islamique et conférencier.
La Zakât-al-fitr ou ”Mouroum Koor” en wolof, instaurée dès la deuxième année de l’Hégire (624 de notre ère), en même temps que le jeûne du Ramadan, selon lui, doit être octroyée aux pauvres et aux nécessiteux musulmans.
Elle est différente de la Zakat-al-Maal, le troisième pilier de l’Islam, qui est une aumône obligatoire de 2,5% sur l’épargne annuelle du musulman pubère et sain d’esprit.
La Zakât-al-fitr, quant à elle, doit être versée en nature (riz, blé, mil, etc.) avant la prière de l’Aïd à raison de 1,8 kilogramme qu’on peut arrondir à 2 kilogrammes pour chaque membre d’une famille non encore majeur et les femmes non encore mariées, fait savoir le conférencier.
”Si on se réfère aux enseignements de l’imam Malick, on ne donne pas de l’argent pour s’acquitter de la Zakât al-fitr. Je ne dis pas que c’est mauvais, mais le mieux est de donner de la nourriture la plus consommée dans un pays donné. Au Sénégal, on citera le riz, le blé, le niébé, le mil ou le maïs”, selon Tafsir Gaye, précisant qu’il n’existe pas de hadith rapportant que le prophète (PSL) s’acquittait de cette aumône obligatoire en argent.
Sur ce dernier point, Oustaz Taïb Socé, enseignant islamique et conférencier diverge avec son collègue, estimant que le musulman qui s’acquitte de la Zakät-al-fitr peut bel et bien le faire en numéraire.
”On constate de nos jours que la plupart des gens qui reçoivent cette aumône l’échange contre de l’argent. Donc, mieux vaut le faire en numéraire équivalant au prix de 1,8 kilogramme de vivres pour chaque tête et le remettre aux nécessiteux”, indique-t-il.
Etant d’avis que du temps du prophète Mouhamed les musulmans ne donnaient pas de l’argent parce que la nourriture suffisait, il ajoute que de nos jours distribuer une somme d’argent équivalente à la place de vivres ne change rien de l’objectif recherché dans l’acquittement de la Zakät-al-fitr.
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