La restauration de la viabilité de la dette au cœur du redressement économique (PM)
La restauration de la viabilité de la dette au cœur du redressement économique (PM)

SENEGAL-GOUVERNANCE-DECLARATION-FINANCES

Dakar 8 sept (APS) – Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô a cité mardi la restauration de la viabilité de la dette et le redressement des finances publiques comme une priorité de l’action gouvernementale, au regard du niveau d’endettement du pays – de l’ordre de 134 % du PIB -, et des arriérés de paiement atteignant 1.956 milliards de francs CFA.

La viabilité de la dette, “c’est ça la responsabilité. Il fallait s’arrêter, il faut restaurer la viabilité de la dette, établir la confiance, relancer l’économie et surtout éviter de mettre le Sénégal dans une instabilité financière. Redresser les comptes publics, c’est également payer les arriérés. Nous avons 1.956 milliards d’arriérés. Avec de tels arriérés, vous bloquez le pays”, a-t-il déclaré lors de sa déclaration de politique générale.

Le chef du gouvernement a expliqué, devant l’Assemblée nationale, que la stratégie envisagée ne consiste pas en une restructuration de la dette, mais en un reprofilage destiné à desserrer la contrainte du service de la dette.

“Ce n’est pas une restructuration, c’est du reprofilage. Le reprofilage, c’est l’allongement des maturités, la renégociation des intérêts [de la dette],de sorte que ça soit compatible avec nos besoins de financement et un service de la dette compatible avec nos capacités réelles”, a-t-il expliqué.

Le redressement des comptes publics devra également passer par le règlement progressif des arriérés de l’État, présentés comme un frein important à l’activité économique.

M. Lô a par ailleurs insisté sur la nécessité de rationaliser la dépense publique et de revoir les mécanismes de financement de l’économie, notamment à travers une mobilisation accrue des instruments nationaux.

Il a ainsi évoqué le rôle du Fonds souverain d’investissements stratégiques (FONSIS), appelé à mobiliser davantage de ressources au service du financement de l’économie et des investissements structurants.

Cette politique de rationalisation devrait également concerner les organismes et entreprises du secteur parapublic, avec l’objectif de mieux maîtriser les charges de l’Etat et d’améliorer l’efficacité des interventions publiques.

Pour le Premier ministre, l’assainissement des finances publiques constitue ainsi un préalable à la restauration de la confiance, à la relance de l’investissement et à la création des conditions d’une croissance durable.

AN/FKS/BK