Par Modou Fall

Kafountine, 4juin  (APS) – La Réserve ornithologique de Kalissaye (ROK), située dans la commune de Kafountine (Bignona, sud), abrite à la fois des mammifères marins et des milliers d’oiseaux migrateurs pour au total soixante-seize espèces répertoriées.

Cette réserve ornithologie se trouve dans une zone fluviomarine où un écosystème particulier favorise le passage régulier d’oiseaux migrateurs et d’autres oiseaux de mer et de rivage. Cela en fait une destination privilégiée pour de nombreux ornithologues.

La Direction des parcs nationaux a décelé, dès 1978, l’intérêt de classer cette zone fluviomarine afin de permettre la conservation et la protection des importantes colonies d’oiseaux qui viennent s’y reproduire.

La réserve a vu le jour en juillet 1978 sur 12 hectares avant d’être étendue à 30.014 hectares, entre les îles Bliss et Karones, au cœur du delta du fleuve Casamance.

La réserve ornithologique de Kalissaye est devenue le deuxième site à être dédié à la préservation de l’avifaune, après celui de Djoudj (Saint-Louis), créé le 14 avril 1971.

A travers sa création, les autorités étatiques cherchent à protéger ce site d’accueil de colonies nicheuses d’oiseaux et de tortues marines et assurer de bonnes conditions de reproduction aux oiseaux migrateurs, tout en favorisant la promotion du tourisme et la recherche scientifique.

Sur la côte ouest africaine, la réserve se place, après le parc du banc d’Arguin (Mauritanie) et celui de Djoudj (Sénégal), parmi les plus grands sites d’accueil d’oiseaux migrateurs. Elle abrite également des mammifères marins dont les plus distingués sont les tortues et les lamantins.

Pour l’atteindre, il faut emprunter une pirogue et serpenter à travers les marigots, les vasières et les bolongs (chenaux), où des oiseaux et espèces marines convergent à la recherche de lieux de ponte et de reproduction paisibles.

Constituée de bancs de sables, de lagunes, de mangroves et d’ilots forestiers, la ROK est un véritable refuge d’oiseaux migrateurs, de tortues marines et de reptiles.

Certains oiseaux évoluant dans la réserve sont des migrateurs ‘’afro tropicaux’’, tandis que d’autres viennent du Paléarctique occidental, précise Ibrahima Ndiaye, un agent des parcs nationaux.

Ils sont composés de limicoles (barge à queue noire, bécasseau sanderling, barge rousse, avocette élégante, bécasseau maubèche, courlis corlieu, courlis cendré, etc.), de laridae (sternes royales, les sternes caspiennes, goélands railleurs, mouettes à tête grise, etc.).

Des phalacrocoracidea (cormorans africain, grand cormoran), des pélicandiea (pélican gris, pélican blanc), et des ardeidea (héron cendré, aigrette dimorphe, grande aigrette) font aussi partie des oiseaux qui colonisent la réserve.

M. Ndiaye signale aussi la présence de ‘’tortues marines— caouanne, verte, olivâtre, et luth‘’, dans la réserve qui a connu, au fil des années, une importante évolution morpho-dynamique ayant résulté d’une imbrication éco-systémique entre la mer, le continent, et le fleuve.

Sur la pointe de Sankoye, à l’embouchure du bolong de Kalissaye se trouvent deux îlots sablonneux encerclés par les eaux, surtout lors des marées hautes. La partie nord de la réserve est caractérisé par un écosystème de mangroves, composé de rhizophoracées et d’avicennacées qui se développe bien.

‘’Le développement de l’écosystème de mangroves est fortement dépendant de l’apport de matières vaseuses issues du processus d’érosion des berges ou de la décomposition des éléments organiques en provenance à la fois des milieux terrestres et marins’’, explique l’agent des eaux et forêts.

Des potentialités écologiques énormes

La réserve possède aussi une flore essentiellement caractérisée par une végétation de littoral à caractère soudano-guinéen, où six espèces ligneuses ont été recensées grâce à des inventaires floristiques réalisés sur la pointe de la presqu’île de Kalissaye.

Le bolong de Kalissaye, cours d’eau le plus important, traverse quelques îlots de la réserve avant de se jeter dans l’océan Atlantique. Il est relié un peu plus en amont au marigot de Diouloulou, un des bras les plus importants du fleuve Casamance, sur la rive droite.

Le bolong d’Essoulou, du nom du village de Saloulou, et celui de Kalissaye encadrent une mince bande de terre, formant la flèche littorale de Kalissaye.

L’hydro-système de la réserve renferme des potentialités écologiques énormes et une zone de reproduction des poissons, favorisant un développement de l’activité de pêche comme en témoignent les nombreux campements de pêcheurs sur les rivages.

Le transport fluvial des biens et des personnes via le bolong de Kalissaye joue un rôle crucial dans l’environnement insulaire de Karones, du Bliss et du petit Kassa, où un flux important de produits divers s’écoule vers les différents villages par voie fluviale.

La réserve est limitée à l’ouest par l’océan Atlantique, au nord par le village de Saloulou, à l’est par le méridien de longitude 16° 45 minutes, et au sud par l’embouchure de Kalissaye.

Aux alentours des limites de la réserve, il y a plusieurs villages dont Saloulou, Bakassouk, Boune, Boko, Kaïlo, Hilol, Couba, Kassel, Haer, Hitou, Niomoune ou encore l’ile de Diogué. Les populations de ces terroirs s’adonnent à plusieurs activités socio-économiques, comme la pêche, l’agriculture, l’élevage, et le tourisme, pour subvenir à leurs besoins. Des activités pour l’essentiel, à l’origine de plusieurs effets néfastes sur la conservation de l’avifaune mais aussi des mammifères marins de la réserve ornithologique de Kalissaye.

MNF/AB/ASB/OID

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