Kaolack, 31 jan (APS) – Les disparités notées dans l’accès à la terre selon le genre ne sont pas du fait de la loi mais seulement de sa non application, a soutenu la secrétaire générale du Cadre régional de concertation des producteurs (CRCP) de la région de Kaolack (centre), Adama Sow.

“Les femmes ont beaucoup de difficultés par rapport à l’accès à la terre, alors que celle-ci est la matière première d’un producteur”, a-t-elle souligné dans un entretien accordé à l’APS, en marge d’un atelier consacré à la mise en place de la Plateforme départementale multi-acteurs de dialogue sur la gouvernance des ressources naturelles et foncières.

Cette rencontre s’est déroulée dans les locaux de la mairie de Kaolack, en présence des autorités administratives et territoriales, de concert avec le Cadre de réflexion et d’actions de la société civile sénégalaise sur le foncier (CRAFS).

“Et pourtant [malgré les problèmes rencontrés par les femmes], dans la Constitution du Sénégal, il n’est écrit nulle part qu’il doit y avoir une disparité dans la manière et les procédures d’accéder à la terre entre l’homme et la femme”, a fait valoir Adama Sow, membre de l’Union nationale des coopératives des éleveurs du Sénégal (UNCES).

“La loi est équitable mais elle n’est pas appliquée”, déplore Mme Sow, notant que ce sont surtout “des barrières culturelles et religieuses” qui contribuent à limiter l’accès des femmes à la terre au Sénégal.

Elle a souligné la nécessité de voir davantage de femmes accéder à la terre, “parce qu’on ne pourrait pas développer ce pays, nos terroirs, en excluant la femme qui joue un rôle important dans les ménages, les familles, la communauté et dans le pays”.

“La femme qui produit, transforme, qui conserve et qui distribue, est un maillon considérable qui va au champ, qui élève les animaux, qui est dans le système de transformation des produits locaux. Je ne pense pas qu’il serait rationnel et durable que nous puissions développer notre pays tout en mettant de côté les femmes. C’est quasiment impossible”, a-t-elle martelé.

Au-delà de la problématique de l’accès des femmes au foncier, “la situation très complexe, comme l’a reconnu l’Union africaine (UA), la question foncière est hautement sensible”, a relevé la secrétaire générale du Cadre régional de concertation des producteurs (CRCP) de la région de Kaolack (centre).

“[La question foncière] est tellement complexe qu’elle a poussé l’Etat du Sénégal à mettre en place un cadre de dialogue, de concertation et de coopération pour s’occuper de cette problématique”, a-t-elle indiqué, ajoutant que “beaucoup de difficultés” résultent de la gestion foncière au niveau local, mais aussi du partage des ressources naturelles et de l’occupation de l’espace.

Ces difficultés, “[…] le plus souvent, engendrent, dans toutes les régions du Sénégal, plus particulièrement celle de Kaolack qui est agropastorale, des conflits entre agriculteurs et éleveurs”, a poursuivi Mme Sow, également membre du Conseil national de concertation et coopération des ruraux (CNCR).

Cet atelier portant sur la mise en place de la Plateforme départementale multi-acteurs de dialogue sur la gouvernance des ressources naturelles et foncières a été organisé sous l’égide du CNCR, avec l’appui de la coopération allemande.

Il vise à promouvoir une gestion inclusive et durable des ressources naturelles, en encourageant les processus de consultation et de dialogue avec toutes les parties concernées par les questions relatives aux forêts, aux terres et aux pêches.

ADE/BK/SMD

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