Dakar, 21 déc (APS) — La lutte contre les maladies non transmissibles (MNT) ne peut se faire que par “une approche unifiée et collective”, a estimé, jeudi, à Dakar, docteur Aissatou Diop, conseillère technique numéro deux au ministère de la Santé et de l’Action sociale.

“Nous sommes au cœur d’une époque où la prévention et la gestion des MNT ne peuvent être abordées qu’avec une approche unifiée et collective”, a-t-elle déclaré en procédant à l’ouverture officielle d’un colloque portant sur le thème “Engagement collectif : construire des communautés fortes face aux maladies non transmissibles”.

Ce colloque, le deuxième du genre à Dakar, “revêt une importance particulière dans le contexte actuel où les MNT constituent un défi croissant pour notre nation”, a dit docteur Diop, en notant que les maladies non transmissibles “touchent tous les pans de notre société, mettant en évidence la nécessité d’une action coordonnée et d’un engagement communautaire fort”.

“Dans un monde où ces affections représentent la première cause de mortalité, il est de notre devoir de mobiliser nos efforts collectifs pour construire des communautés fortes face à ce défi majeur de la santé mondiale”, a ajouté la conseillère technique numéro deux au ministère de la Santé et de l’Action sociale.

Aissatou Diop, qui représentait le ministre de tutelle à cette rencontre, fait observer que “le fardeau des MNT et ses facteurs de risque ne se limite plus aux pays riches. Les pays à ressources limitées, confrontés au double fardeau”, comptant “désormais 80% des nouveaux cas de MNT”.

Selon des chiffres émanant de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et contenus dans un document remis à des journalistes, “en 2022, les MNT ont été responsables de 74% des décès à l’échelle mondiale et de 45% des décès au Sénégal”.

“Le Sénégal, conscient de cette réalité, a mis en œuvre des stratégies pour améliorer la qualité de vie des patients et renforcer la prévention des MNT en collaboration avec toutes ses parties prenantes, suite au résultat de l’enquête STEPS de 2015”, a-t-il ajouté, avant d’annoncer que “le pays se prépare à mener sa deuxième enquête STEPS très prochainement, qui sera une occasion de réorienter la lutte contre les MNT”.

Pour Baytir Samb, président du Réseau des acteurs communautaires de la santé (Rocbas), “les populations doivent aller vers un changement de comportements sur le mode vie, l’alimentation”, dans le cadre de la lutte contre les maladies non transmissibles.

Dans le même sillage, le président de l’Alliance sénégalaise contre les maladies non transmissibles, le professeur Issa Wone, soutient que “la bataille se gagnera par la prévention à travers l’engagement fort de la communauté, car de plus en plus ces maladies touchent les plus jeunes”.

“Nos systèmes de santé sont moins préparés avec peu de spécialistes, des infrastructures qui font défaut, un financement domestique faible, autant de défis qui freinent la prévention contre ces maladies”, constate-t-il, pour dire que dans ce contexte, les communautés “sont les principaux acteurs de la prévention des maladies non transmissibles”.

Au nom des experts intervenant à ce colloque, le professeur Seydou Nourou Diop a appelé à la mise en place d’une “stratégie globale de prévention pour lutter ensemble contre le diabète, l’hypertension, l’hémophilie, les cancers entre autres”.

“C’est une mobilisation communautaire qu’il faut et les populations doivent savoir que ces maladies vont encore aller loin. C’est aussi important de commencer très tôt et d’éduquer les plus jeunes”, a-t-il dit.

Ce deuxième colloque sur la prévention et la prise en charge des maladies non transmissibles se poursuit jusqu’à vendredi à Dakar. Il se veut “un évènement crucial” qui réunit des experts, des professionnels de la santé, des décideurs politiques et des membres de la société civile, selon les organisateurs.

Les MNT englobent les maladies cardio-vasculaires, le diabète, les cancers, les affections respiratoires chroniques, la maladie rénale chronique, les affections buccodentaires, les maladies mentales, la drépanocytose, l’hémophilie, les maladies systémiques, les traumatismes et violences.

SKS/BK/MTN

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