La jeunesse, moteur décisif de la lutte pour l’indépendance, selon un historien
La jeunesse, moteur décisif de la lutte pour l’indépendance, selon un historien

SENEGAL-INDEPENDANCE-HISTOIRE

Dakar, 4 avr 2026 –La jeunesse a constitué une ‘’force de pression’’ au cours des grands moments de la lutte pour l’accession du Sénégal à l’indépendance, notamment à l’occasion du référendum du 28 septembre 1958 lors duquel elle a appelé à voter massivement ‘’non’’, a rappelé l’historien Mouhamadou Moustapha Sow. 

‘’Les jeunes ont été une force de pression lors des grands moments de lutte pour cette indépendance. Leur engagement a été particulièrement remarquable lors du référendum du 28 septembre 1958’’, a-t-il notamment dit, dans un entretien avec l’APS. 

Cette votation, proposée par le général De Gaulle pour instaurer la Ve République, offrait aux colonies le choix entre l’intégration à la Communauté française (autonomie) ou l’indépendance immédiate (avec rupture d’aide de la France).

Selon l’enseignant-chercheur en histoire politique contemporaine à l’Université Cheikh Anta Diop, la mobilisation des jeunes traduisait ‘’une volonté affirmée de rupture avec le système colonial’’.

Cette jeunesse composée, pour la plupart d’élèves, d’étudiants et d’ouvriers, a joué ‘’un rôle central et indiscutable’’ dans le processus ayant conduit à l’indépendance, notamment entre 1950 et 1960, a-t-il précisé.

‘’Grâce à leur mobilisation et aux stratégies déployées, les jeunes ont dénoncé les méfaits du système colonial et relayé les idées anticolonialistes’’, a notamment souligné M. Sow, par ailleurs président de l’Association des historiens du Sénégal (AHS)

Regroupée au sein d’associations scolaires, estudiantines et syndicales, la jeunesse s’est également organisée dans des cadres transnationaux comme la Fédération des étudiants d’Afrique noire en France (FEANF), ‘’qui a joué un rôle important dans la formation politique et idéologique des militants’’, a-t-il fait savoir.

Évoquant le référendum de 1958, Mouhamadou Moustapha Sow souligne que ‘’les jeunes se sont distingués en appelant à voter non’’ relevant le rôle joué par le mouvement des porteurs de pancartes , composé en grande partie de militants issus de partis politiques.

‘’Ce mouvement exprimait clairement l’adhésion d’une frange importante de la jeunesse à l’idéal d’indépendance’’, a-t-il dit.

Cette jeunesse, a-t-il ajouté, s’était organisée dans des associations d’étudiants, de syndicats, mais aussi dans des mouvements liés aux partis politiques, qui ont servi de relais pour diffuser les mots d’ordre indépendantistes’’.

Toutefois, a nuancé l’historien, cette mobilisation s’est faite avec l’encadrement des aînés, à travers une formation politique, idéologique et syndicale.

‘’Les jeunes n’agissaient pas seuls. Ils s’inscrivaient dans une dynamique plus large de lutte portée par plusieurs générations’’, a-t-il dit, citant Cheikh Anta Diop, Amadou Mahtar Mbow et l’ancien président de la République Abdoulaye Wade (2000-2012) parmi les figures marquantes de cette jeunesse militante.

BAB/ABB/MTN