SENEGAL-AGRICULTURE-ELEVAGE-FOIRES
Dakar, 27 avr (APS) – La grève des transporteurs survenue début avril a retardé la participation de certains exposants à la 26e édition de la Foire internationale de l’agriculture et des ressources animales (FIARA), a reconnu son directeur général, Pape Abdou Fall, considérant ce mouvement d’humeur comme “la principale difficulté” de l’organisation de cet évènement commercial annuel.
“La principale difficulté de cette édition, c’est la grève des transporteurs, qui a sérieusement perturbé la logistique. Beaucoup de participants n’ont pas pu arriver à Dakar à temps. Des exposants y sont arrivés tardivement, plusieurs jours après le démarrage de la foire”, a signalé M. Fall dans un entretien avec l’APS.
Il confirme ainsi un impair déploré par de nombreux exposants. Des artisans burkinabè interrogés par l’APS disent avoir passé plusieurs jours à la frontière sénégalo-malienne, faute de moyens de transport pour venir à Dakar.
“C’est une situation indépendante de notre volonté, mais qui nous a causé un vrai préjudice. Aussi bien aux organisateurs qu’aux exposants. Nous avons réagi à cette contrainte en demandant aux autorités une prolongation de l’évènement”, a expliqué le directeur général de la FIARA.
La clôture de l’évènement, initialement prévue lundi 20 avril, a été reportée au dimanche 26 avril en raison de la grève des transporteurs.
“Cette décision nous a permis de donner à tous les participants la possibilité de profiter pleinement de la foire. Je pense que c’est une bonne décision”, a dit Pape Abdou Fall.
Il signale, par ailleurs, qu’à la dimension commerciale de la FIARA, s’ajoute celle de la formation et de l’encadrement.
“Des forums et des rencontres thématiques se tiennent pendant toute la durée de la foire pour orienter les participants, leur présenter les dispositifs d’encadrement disponibles et leur tracer des pistes concrètes de développement. Ces échanges ont une valeur inestimable. Un jeune éleveur qui repart de la FIARA avec des contacts, des conseils et une meilleure connaissance de son secteur, c’est un entrepreneur qui a grandi. Ce sont des acquis précieux, que personne ne peut lui retirer”, a expliqué M. Fall.
“Un véritable salon professionnel”
Son directeur général décrit la FIARA comme “une école à ciel ouvert” en raison des opportunités d’apprentissage qu’elle offre aux exposants, aux jeunes entrepreneurs surtout. “Enfin, il y a la dimension confiance et autonomisation. Participer à la FIARA, c’est aussi apprendre à se présenter, à défendre son projet et à négocier. Cela forge un caractère. Beaucoup de nos exposants reviennent, d’une édition à l’autre, avec plus d’assurance et de maturité entrepreneuriale. La FIARA est une école à ciel ouvert.”
“Auparavant, la forte affluence avait lieu pendant les week-ends, les gens venaient en famille, les samedis et les dimanches. Maintenant, même en milieu de semaine, la FIARA reçoit beaucoup de monde. Les professionnels, les acheteurs et les partenaires institutionnels se déplacent […] pour des rendez-vous d’affaires. Ce sont des signaux très positifs, qui montrent que la FIARA est entrée dans le calendrier des foires internationales de façon durable. Elle n’est plus seulement une foire populaire, elle est devenue un véritable salon professionnel”, a-t-il expliqué.
Pape Abdou Fall constate que “la transformation agricole et l’entrepreneuriat en général ont nettement dominé cette édition”.
“On trouve à la FIARA des produits issus de la transformation agricole, sous diverses formes : les céréales, les fruits, les légumes, les produits laitiers, la volaille, etc. Il y a une réelle mobilisation des jeunes autour de ces filières. Ce qui est surtout frappant, c’est la qualité des produits. Les jeunes entrepreneurs ne se contentent plus de produire. Ils transforment, conditionnent et créent des marques”, a-t-il ajouté.
En matière de production et de transformation, les exposants de la FIARA font preuve d'”une véritable évolution”, ce qui “est très encourageant pour l’avenir de l’agriculture sénégalaise”, d’après M. Fall.
L’agroécologie – l’ensemble des méthodes de production agricole tenant compte de la protection de l’environnement – était le thème choisi par le comité d’organisation de l’évènement, pour son animation scientifique.
La 26e édition de la FIARA s’est déroulée du lundi 30 mars au dimanche 26 avril, dans l’enceinte du Centre international du commerce extérieur du Sénégal. Des organisations paysannes, dont le Conseil national de concertation des ruraux, prennent part à l’organisation de la FIARA.
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