La danse, un ”moyen de communication et d’éducation extraordinaire”, selon Germaine Acogny
La danse, un ”moyen de communication et d’éducation extraordinaire”, selon Germaine Acogny

SENEGAL-AFRIQUE-DANSE

Dakar, 28 avr (APS) –La danse est un vecteur de communication et surtout ”le moyen d’éducation le plus extraordinaire”, a estimé la chorégraphe et danseuse sénégalaise d’origine béninoise Germaine Acogny.

‘’Je crois que la danse, c’est vraiment de la communication. C’est l’un des moyens d’éducation les plus extraordinaires’’, a-t-elle dit dans un entretien accordé à l’APS en prélude de l’ouverture de l’édition 2026 de la Biennale de la danse en Afrique ce mercredi.

Cet évènement va démarrer par la célébration de la Journée internationale de la danse à Toubab Dialaw, à une cinquantaine de kilomètres au sud de Dakar, sous l’égide de Germaine Acogny, figure emblématique de la danse africaine.

Le Sénégal accueille pour la première fois ce rendez-vous continental du 29 avril au 3 mai, un événement itinérant d’envergure qui devrait aider à positionner le pays comme un carrefour majeur de la création chorégraphique en Afrique.

Selon Mme Acogny, fondatrice de l’Ecole des sables, le corps est un langage de communication.

‘’Quand je vais dans un village ou je vais quelque part où on ne parle pas ma langue, quand mon corps dit la vérité, on le sent. Et la personne qui est en face de moi, peut le sentir suivant son éducation, suivant l’état dans lequel il est’’, explique-t-elle insistant sur le fait que le corps ne ment pas. ‘’On n’a pas besoin de parler pour que l’autre sente’’, précise-t-elle.

Germaine Acogny qui jette un ‘’regard neuf’’ sur l’évolution de la danse en Afrique se dit ‘’heureuse’’ de voir les danses africaines continuer à inspirer le monde.  

‘’Le monde, quelquefois, s’inspire de l’Afrique, mais ne le dit pas. Cela a toujours été comme ça, mais c’est à nous de changer le regard de l’autre. C’est à nous de nous imposer’’, invite-t-elle avant de se réjouir de voir les jeunes chorégraphes africains continuer à sillonner le monde et à donner l’inspiration et surtout à gagner leur vie avec leur art. ‘’Ce que je trouve important’’, a-t-elle dit.

Elle invite le monde et surtout les Sénégalais à venir voir le travail de ces jeunes chorégraphes et danseurs qui durant cette biennale de la danse vont exposer leur savoir faire.

Celle qui est familièrement appelée ‘’la mère de la danse africaine contemporaine’’ dit transmettre ‘’l’école de la vie’’ au-delà de ‘’la technique Acopgny’’ aux multiples danseurs de tous les continents ayant fréquenter l’Ecole des Sables de Toubab Dialaw depuis sa fondation en 1998.

‘’Une femme de Paris 8 en faisant l’analyse de ma technique, a dit +si c’était seulement une technique, je ne viendrais pas. C’est au-delà d’une technique. C’est la vie. C’est l’école de la vie. C’est toute une philosophie derrière+’’, rapporte-t-elle.

Elle estime que leur passage au centre international des danses africaines traditionnelles et contemporaines plus connu sous le nom de l’Ecole des sables a transformé leur vie, changé leur corps et leur a apporté quelque chose de nouveau.

”Je suis heureuse d’avoir fait ça”, confie Germaine Acogny.

Elle estime que quand le Nord et le Sud se mettent ensemble et respectent la culture de l’un et de l’autre, ‘’des choses merveilleuses’’ peuvent être faites.

La chorégraphe prend exemple sur elle et son mari, l’Allemand Helmut Vogt avec qui elle a cofondé l’école des sables de Toubab Dialaw.

L’ancienne directrice de l’Ecole Mudra Afrique, le premier établissement de danse panafricain mis en place par le chorégraphe français Maurice Béjart et le premier président du Sénégal Léopold Sédar Senghor de 1977-1982, ne compte pas s’arrêter à danser tant que son corps fonctionne.

”Il peut y avoir une retraite. Mais comme j’ai dit, ils sont partis. Ils sont bien (elle fait référence à tous ceux et celles qu’elle a formés). Et tant que mon corps fonctionne, il n’y a pas de raison que je ne danse pas”, dit-elle estimant qu’elle est inspirée par les médias, les problèmes du monde, ses ancêtres, la nature, etc. 

FKS/OID/MTN