La coexistence temporaire des monnaies dans la zone eco n’empêchera pas le commerce de se développer (économiste)
La coexistence temporaire des monnaies dans la zone eco n’empêchera pas le commerce de se développer (économiste)

SENEGAL-AFRIQUE-ECONOMIE

Dakar, 4 août (APS) – L’entrée d’une partie des pays de la CEDEAO dans la zone eco en 2027 pourrait limiter les gains attendus de cette monnaie unique, mais la coexistence temporaire des monnaies dans ses États membres ne peut pas empêcher le commerce régional de se développer, a assuré l’économiste sénégalais Serigne Momar Seck.

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest a décidé, en juillet dernier, de mettre en circulation sa nouvelle monnaie, l’eco, dans ses pays membres qui sont prêts à l’utiliser dès l’année prochaine.

Les dirigeants de l’organisation régionale assurent que les pays n’étant pas prêts à entrer dans la zone eco bénéficieront d’une assistance, qui leur permettra de rejoindre ultérieurement la monnaie unique, a rappelé Serigne Momar Seck, économiste en chef à l’Agence monétaire de l’Afrique de l’Ouest, une institution spécialisée de la CEDEAO basée à Freetown, en Sierra Leone.

‘’Si certains pays adoptent l’eco, tandis que d’autres conservent le franc CFA ou leur monnaie nationale, l’intégration monétaire de l’Afrique de l’Ouest ne sera pas immédiatement achevée. Les opérateurs économiques devront continuer à supporter des coûts de conversion entre plusieurs monnaies et les risques liés aux fluctuations des taux de change’’, a analysé M. Seck dans une interview accordée à l’APS.

Il signale que ‘’cette situation pourrait limiter une partie des gains attendus de la monnaie unique, notamment la réduction des coûts de transaction et la fluidification des échanges commerciaux régionaux’’.

‘’Toutefois, a assuré le docteur en sciences économiques et spécialiste de la macroéconomie, la coexistence temporaire de plusieurs monnaies n’empêcherait pas le commerce régional de se développer.’’

Il explique que si l’eco est adopté par un premier groupe de pays, les échanges entre ces États seront plus simples et moins coûteux, ce qui pourrait créer un effet d’attraction pour les autres pays de la région.

‘’Les entreprises commerçant avec des pays restés en dehors de la zone eco continueront à faire face aux contraintes liées au change, ce qui pourrait maintenir une certaine fragmentation du marché ouest-africain’’, a relevé Serigne Momar Seck.

‘’À moyen terme, a-t-il ajouté, le principal risque serait l’apparition d’une intégration économique à plusieurs vitesses entre les pays utilisateurs de l’eco et ceux qui auront décidé de conserver leur monnaie nationale. Mais cette diversité monétaire pourrait aussi être envisagée comme une phase transitoire.’’

D’après M. Seck, la CEDEAO espère que plusieurs pays vont rejoindre la monnaie unique au fur et à mesure qu’ils remplissent les critères de convergence de la zone eco.

Par une adhésion progressive des États, il est possible d’arriver à une intégration monétaire plus complète de la région, assure-t-il.

ESF/MTN