La CEDEAO appelée à faire de la jeunesse un levier de développement et d’intégration
La CEDEAO appelée à faire de la jeunesse un levier de développement et d’intégration

SENEGAL-AFRIQUE-SOCIETE

Dakar, 30 juil (APS) – La ministre sénégalaise de la Jeunesse et des Sports, Djirèye Clotilde Coly, a plaidé, jeudi, à Dakar, pour l’adoption de nouvelles politiques régionales de jeunesse de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), en vue de traduire la volonté des pays concernés de placer les jeunes au cœur du développement et de l’intégration régionale.

“Les mutations démographiques, économiques, numériques, environnementales et sécuritaires auxquelles les États membres de la CEDEAO sont confrontés imposent une révision des politiques publiques afin de faire de la jeunesse et du sport des piliers de l’intégration régionale, de la paix, de la prospérité et de la transformation durable de l’Afrique de l’Ouest”, a-t-elle déclaré.

Mme Coly présidait la réunion ministérielle consacrée à l’adoption des nouvelles politiques de jeunesse et de sport de l’organisation sous-régionale, une rencontre qui, à ses yeux, “dépasse la simple adoption de documents de politique publique” et traduit “une vision commune dans la prise en charge des préoccupations de notre jeunesse dans l’espace CEDEAO”.

Selon la ministre sénégalaise, “les jeunes ne doivent plus être présentés comme des bénéficiaires de programmes publics, mais comme des citoyens, des innovateurs, des entrepreneurs, des leaders communautaires et des partenaires incontournables du développement”.

La CEDEAO appelée à faire de la jeunesse un levier de développement et d'intégration

Relevant que près de 75 % de la population de la CEDEAO a moins de 35 ans, la ministre a estimé que “ce potentiel doit être transformé en dividende démographique grâce à des investissements massifs dans l’éducation, la formation, les compétences numériques, l’emploi, l’entrepreneuriat, l’innovation, la mobilité régionale et la participation citoyenne”.

Elle a rappelé que “le taux des jeunes qui ne sont ni en formation, ni en emploi, ni scolarisés est compris entre 22 % et 30 % dans la sous-région”, avec des disparités selon le genre, soulignant qu’il “urge d’offrir aux jeunes des perspectives réelles leur permettant de croire en leur avenir au sein de notre espace communautaire”.

Insistant sur les conditions de réussite de ces nouvelles orientations, Djirèye Clotilde Coly a déclaré que “l’adoption de ces deux politiques ne devrait pas constituer une fin en soi. Elle doit plutôt marquer le début d’une nouvelle étape dans notre volonté commune de relever le défi de leur mise en œuvre”.

Cette étape passe, selon elle, par “une appropriation nationale de ces politiques par chaque État membre”, la mise en place de “mécanismes régionaux de coordination, de suivi et d’évaluation efficaces” ainsi que par “une mobilisation durable des ressources domestiques financées par les budgets nationaux, les grandes entreprises et les partenaires”.

La ministre a, en outre, insisté sur la participation des jeunes à l’élaboration des politiques publiques, affirmant que “rien ne doit être conçu pour la jeunesse sans la jeunesse”.

“Nos jeunes doivent participer à la conception, à la mise en œuvre, au suivi et à l’évaluation des politiques qui les concernent. Ils doivent être associés aux instances de gouvernance, aux mécanismes de consultation et au processus décisionnel”, a-t-elle déclaré, rappelant, à ce sujet, que le Sénégal vient de se doter d’un Conseil consultatif des jeunes.

La CEDEAO, a insisté Mme Coly, “ne doit pas être perçue uniquement comme un espace économique ou politique. Elle doit plutôt être vécue comme une communauté de peuples, de valeurs et de destins”.

Selon la commissaire de la CEDEAO chargée du Développement humain et des Affaires sociales, Fatou Sow Sarr, “ces nouvelles politiques sont le résultat d’un processus de consultations nationales et régionales mené durant deux années auprès des jeunes de plusieurs États membres.”

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Elle assure que cette démarche “a permis d’élaborer des politiques fondées sur les préoccupations exprimées par les jeunes, notamment en matière d’emploi, de formation, de santé, de participation citoyenne et de mobilité.”

Fatou Sow Sarr a précisé que les experts ont validé, sur cette base, les projets de politiques régionales de la jeunesse, du sport et du volontariat, ainsi que leurs plans d’action stratégiques pour la période 2026-2035.

Elle a souligné que ces politiques visent à apporter des réponses communes aux défis du chômage, de la migration irrégulière, de l’extrémisme violent, des fractures numériques, des effets du changement climatique et des nouvelles vulnérabilités sociales.

La commissaire a enfin annoncé que la CEDEAO va mettre en œuvre un programme régional d’appui à l’entrepreneuriat des jeunes, afin de les accompagner à travers des mécanismes de financement, des formations, des dispositifs d’incubation et un renforcement de leurs capacités entrepreneuriales.

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ID/BK