La CEDEAO a choisi le régime de change flexible pour l’eco, sa monnaie unique (spécialiste)
La CEDEAO a choisi le régime de change flexible pour l’eco, sa monnaie unique (spécialiste)

SENEGAL-AFRIQUE-ECONOMIE

Dakar, 5 août (APS) – La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a choisi le régime de change flexible pour l’eco, en raison de sa capacité à atténuer les chocs économiques extérieurs, a appris l’APS de Serigne Momar Seck, économiste en chef de l’Agence monétaire de l’Afrique de l’Ouest (AMAO).

La CEDEAO a décidé, en juillet dernier, de mettre sa nouvelle monnaie en circulation dans les pays membres qui sont prêts à l’utiliser dès l’année prochaine.

Les dirigeants de l’organisation régionale assurent que les pays n’étant pas prêts à entrer dans la zone eco bénéficieront d’une assistance, qui leur permettra de rejoindre ultérieurement la monnaie unique, selon le docteur en économie employé par l’AMAO, une institution spécialisée de la CEDEAO basée à Freetown, en Sierra Leone.

‘’La CEDEAO a retenu, en juin 2019, le principe d’un régime de change flexible assorti d’un ciblage de l’inflation comme cadre de politique monétaire’’, a dit Serigne Momar Seck dans une interview accordée à l’APS.

‘’Plusieurs modalités techniques restent à préciser’’

L’institution régionale a choisi ce régime de change pour ‘’rompre avec le modèle d’une parité fixe unique et doter [l’eco] d’une plus grande capacité d’ajustement, face aux chocs économiques extérieurs’’, a-t-il expliqué.

‘’Ce choix se justifie par l’hétérogénéité des économies ouest-africaines’’, a argué M. Seck, rappelant que ‘’les pays de la CEDEAO n’ont ni la même structure productive, ni les mêmes niveaux d’inflation, ni la même dépendance envers les matières premières’’.

‘’Un régime flexible permettrait à l’eco de s’ajuster plus facilement aux évolutions des marchés internationaux, aux variations des termes de l’échange ou aux crises économiques, sans que des ajustements budgétaires et sociaux trop brutaux ne soient appliqués aux États membres de la zone eco’’, a-t-il fait valoir.

Serigne Momar Seck signale que ‘’plusieurs modalités techniques restent à préciser avant le lancement effectif de l’eco en 2027’’.

‘’Les discussions portent notamment sur les mécanismes de gestion du taux de change, le rôle de la future banque centrale régionale et les dispositifs destinés à préserver la stabilité monétaire et la maîtrise de l’inflation’’, a-t-il précisé.

La convergence macroéconomique est un défi majeur

‘’Les dirigeants [de la CEDEAO] reconnaissent que des questions techniques et institutionnelles restent en suspens, que les consultations se poursuivent entre la Commission de la CEDEAO, l’Agence monétaire de l’Afrique de l’Ouest et les banques centrales nationales, afin de parvenir à un consensus sur les modalités définitives de la monnaie unique’’, a signalé le docteur en économie et spécialiste de la macroéconomie.

Il souligne que ‘’la convergence macroéconomique est un défi majeur’’, d’autant plus que ‘’tous les États membres ne respectent pas encore les critères relatifs à l’inflation, au déficit budgétaire, à l’endettement ou aux réserves de change’’.

M. Seck explique que ‘’c’est précisément pour cette raison que la CEDEAO a opté pour un lancement progressif de l’eco avec les pays qui sont prêts, les autres étant appelés à rejoindre l’union monétaire ultérieurement’’.

‘’Certaines questions structurantes restent à finaliser, notamment les mécanismes de gouvernance de la future banque centrale régionale, les modalités opérationnelles du régime de change de l’eco et l’architecture institutionnelle de l’union monétaire. Autrement dit, l’échéance de 2027 est davantage un objectif politique fort qu’un processus totalement achevé, sur les plans technique et institutionnel’’, a-t-il relevé.

TAB/ESF/MTN/SMD