SENEGAL-AFRIQUE-ECONOMIE
Dakar, 4 mars (APS) – Le comité de politique monétaire (CPM) de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a décidé de réduire de 0,25 point son principal taux directeur et son taux d’intérêt, à partir du 16 mars prochain, a annoncé son gouverneur, Jean-Claude Kassi Brou, mercredi 4 mars, à Dakar.
‘’À compter du 16 mars 2026, le principal taux directeur auquel la Banque centrale prête ses ressources aux banques passera de 3,25 % à 3 %, tandis que le taux d’intérêt du guichet de prêt marginal sera ramené de 5,25 % à 5 %’’, a-t-il indiqué lors de la première session ordinaire de l’année du CPM.
Le comité de politique monétaire de la BCEAO a décidé aussi de maintenir à 3 % son coefficient des réserves obligatoires applicable aux établissements assujettis de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
Selon son gouverneur, le but de cette baisse des taux directeurs est de ‘’consolider l’assouplissement des conditions de financement de l’activité économique au sein de l’Union’’.
Les décisions de la BCEAO résultent d’une ‘’analyse approfondie de la conjoncture internationale, de l’évolution des prix, de la dynamique de l’activité économique, de la situation extérieure, ainsi que des risques à court terme’’.
Les perspectives économiques de l’année 2026 demeurent ‘’favorables’’
En ce qui concerne les prix, Jean-Claude Kassi Brou a relevé ‘’la poursuite de leur repli au quatrième trimestre 2025, avec un taux d’inflation ressorti à -0,8 % après -1,4 % au trimestre précédent’’.
Selon lui, cette évolution s’explique essentiellement par une baisse des prix des produits alimentaires, qui est soutenue par une bonne disponibilité des produits vivriers locaux et la diminution des coûts des denrées importées.
Cette année, l’inflation devrait toutefois remonter progressivement à 1,4 %, après un niveau nul enregistré sur l’ensemble de l’année 2025, selon le CPM de la BCEAO.
Cet organe présidé par le gouverneur de l’institution monétaire, signale que la résurgence des tensions géopolitiques et leurs effets potentiels pourraient entraîner ‘’une remontée plus marquée’’ des prix.
Concernant l’activité économique de l’UEMOA, la croissance de l’Union s’est établie à 6,7 % en 2025, contre 6,2 % en 2024, indique la BCEAO.

‘’Cette performance a été portée par les bons résultats de la campagne agricole, la vitalité du secteur des services, ainsi que le dynamisme des industries extractives et manufacturières’’, explique la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest.
Elle signale que les perspectives économiques de l’année 2026 demeurent ‘’favorables’’, avec une progression du produit intérieur brut réel estimée à 6,4 %, une performance qui devrait résulter d’‘’une demande intérieure robuste et d’une bonne tenue des productions extractives et agricoles’’.
Les crédits à l’économie ont progressé de 5,6 % en 2025, après avoir atteint 4,5 % en 2024, ce qui, selon la BCEAO, a engendré ‘’un renforcement du financement des activités économiques’’.
Son gouverneur a relevé une amélioration des échanges extérieurs de l’Union, en lien avec la hausse des exportations de produits pétroliers, d’or et de cacao, conjuguée à la baisse des coûts des produits alimentaires et énergétiques importés. ‘’La mobilisation accrue de ressources extérieures par les États membres a contribué à cette évolution’’, a-t-il expliqué.
Le comité de politique monétaire de la BCEAO assure devoir faire preuve de ‘’vigilance’’ face aux risques liés à l’évolution des prix. Il assure qu’il prendra les mesures appropriées, si cela est nécessaire, pour garantir la stabilité monétaire et financière de l’Union.
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