La BCEAO juge l’état du marché financier de l’UEMOA soutenable, tout en préconisant la prudence 
La BCEAO juge l’état du marché financier de l’UEMOA soutenable, tout en préconisant la prudence 

SENEGAL-AFRIQUE-FINANCE

Dakar, 4 mars (APS) – Le marché financier de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) est toujours en mesure d’absorber les importantes émissions des États membres, a assuré, mercredi 4 mars, à Dakar, le gouverneur de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Jean-Claude Kassi Brou, en jugeant toutefois nécessaire de poursuivre les mesures de consolidation budgétaire pour prévenir d’éventuelles tensions.

‎Entre 2022 et 2024, les États de l’UEMOA ont davantage sollicité le marché régional en raison de conditions internationales peu favorables à des levées de fonds extérieures, a-t-il rappelé en présidant la première session ordinaire 2026 du comité de politique monétaire de la BCEAO.

“En 2025, même si plusieurs États sont revenus sur le marché international, d’autres n’ont pas pu y accéder et ont continué à mobiliser [des financements] sur le marché régional”, a signalé le gouverneur de la BCEAO.

Selon lui, les émissions brutes des États, par adjudication et syndication, ont atteint près de 15 000 milliards de francs CFA en 2025, contre 9 400 milliards en 2024.

C’est le signe d’une “forte progression des besoins de financement”, a dit Jean-Claude Kassi Brou.

“Malgré cette hausse, le marché a démontré, jusqu’ici, sa capacité d’absorption. Les dernières émissions ont enregistré des taux de souscription supérieurs aux montants recherchés, avec des niveaux de sursouscription de 120 %, 125 %, voire 150 %”, a-t-il souligné.

Le gouverneur de la BCEAO estime que cette situation s’explique par l'”amélioration de la position extérieure de l’Union” et par une “liquidité abondante” du système bancaire des pays de l’UEMOA.

“Les banques sont très liquides. Le marché est liquide”, a-t-il insisté.

Jean-Claude Kassi Brou constate que les États sont engagés dans un processus de consolidation budgétaire, le déficit global étant passé d’environ 8 % à moins de 4 %, ce qui contribue, selon lui, à l’atténuation de la pression du marché.

Il appelle toutefois les pays de l’UEMOA à la vigilance et rappelle que le niveau de la dette des États de la région est demeuré élevé.

La BCEAO juge l'état du marché financier de l'UEMOA soutenable, tout en préconisant la prudence 

‎”Il faut progressivement réduire le déficit budgétaire afin de limiter la pression sur le marché. Si la dette ne baisse pas et que les besoins continuent d’augmenter, il peut y avoir des tensions”, a prévenu le gouverneur de la BCEAO.

Interrogé sur les perspectives économiques, dans un contexte international marqué par de fortes incertitudes géopolitiques, il assure que la BCEAO suit de près les évolutions en cours et en intègre les effets potentiels dans ses analyses.

‎Jean-Claude Kassi Brou trouve néanmoins les fondamentaux de l’UEMOA solides, avec une croissance attendue de 6 à 7 % à la fin de cette année, une inflation maîtrisée et un secteur bancaire solide et résilient, avec des niveaux de capitalisation et de liquidité “satisfaisants” pour financer l’économie.

“Pour le moment, le marché absorbe les besoins de financement des États”, a-t-il ajouté, réaffirmant l’engagement de la BCEAO à “veiller à la stabilité monétaire et financière” de l’Union.

MK/ESF/BK