SENEGAL-TRANSPORTS-HUMEUR
Kaolack, 30 mars (APS) – Le mot d’ordre de grève de 72 heures décrété par la Fédération des syndicats des transports routiers du Sénégal (FSTRS), à partir de ce lundi, est largement suivi à Kaolack (centre), au grand bonheur des charretiers et autres conducteurs de moto-taxis communément appelées ‘’Jakarta’’, qui ont haussé le prix de leurs prestations, a constaté l’APS.
Au niveau de toutes les gares routières,‘’Liberté’’, également appelée ‘’Garage Dakar’’, ’’Garage Nioro’’, les longues files de véhicules de transport stationnés renseignent à suffisance sur le respect par les transporteurs routiers du mouvement d’humeur dans la capitale du Saloum.
Les usagers des transports routiers urbains sont ainsi obligés d’avoir recours aux charrettes et motos ‘’Jakarta’’, qui proposent des ‘’prix plus exorbitants que d’habitude’’, comme l’ont déploré beaucoup de personnes interrogées par l’APS.
Certaines d’entre elles, pour rallier d’autres départements de la région et même au-delà, prennent ces véhicules à deux roues, avec tout ce que cela implique comme ‘’dépenses imprévues’’.
Ibrahima Ndiaye, alias Ndiaye Bambara, un des responsables du garage de transport en commun de voyageurs situé au marché central de Kaolack, soutient que les cinq garages de taxis ont décidé d’observer une grève totale.
Selon lui, le mot d’ordre de 72 heures pourrait être prolongé au cas où une solution ne serait trouvée pas à leurs revendications. Parmi les revendications, renseigne-t-il, des chauffeurs de taxi de la ville de Kaolack attendent ‘’depuis maintenant cinq ans’’ l’obtention d’une licence, alors que la plupart d’entre eux a déposé ses dossiers auprès des services compétents qui, à la place de la licence, leur ont attribué des attestations.
Lors d’une sortie récente, Serigne Kouta, le secrétaire général du Syndicat national des transports routiers (SYNATS), affilié à la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS), affirmait que ‘’la situation (était) devenue intenable’’ pour les conducteurs de taxi.
‘’A Kaolack, les chauffeurs de taxi urbains attendent depuis cinq ans l’obtention de leur licence. Pourtant, chacun a déposé ses dossiers auprès de la police et du service des mines. En attendant, ils circulent avec de simples attestations’’, déplore-t-il.
D’après M. Kouta, une telle situation ‘’limite fortement’’ leurs déplacements, puisqu’aucun chauffeur n’ose sortir du périmètre de la commune de Kaolack, au risque de voir son véhicule être immobilisé.
Le syndicaliste, qui rappelle que l’organisation où il est affilié a adressé une correspondance aux autorités compétentes pour l’ouverture de discussions. ‘’Nous sommes prêts à dialoguer avec l’Etat pour trouver une solution durable’’, jure-t-il.
Initiatrice de cette grève, la Fédération des syndicats des transports routiers du Sénégal, justifie ce mouvement par la ‘’dégradation avancée’’ du système du transport routier sénégalais, dénonçant la ‘’prolifération’’ des modes de transport illégaux’’ et autres ‘’tracasseries policières sur les routes’’.
ADE/ABB


