SENEGAL-SOCIAL
Kaffrine, 10 avr (APS) – Le mot d’ordre de grève décrété par la Fédération des syndicats des transports routiers du Sénégal (FSTRS) se traduit par une hausse des coûts d’approvisionnement dans la région de Kaffrine (centre), alors que les commerçants font état d’une baisse d’activité, la clientèle se faisant désirer.
Au quartier Ndjigui de la capitale du Ndoucoumane, le magasin de Youssouph Fofana, habituellement très fréquenté, tourne au ralenti.
Selon son responsable, plusieurs produits de première nécessité comme l’huile sont devenus rares.
Une situation qui peut s’expliquer par les difficultés d’acheminement des marchandises en provenance d’autres régions, faute de moyens de transport disponibles.
Non loin de là, les boutiquiers installés en face de la gare routière, privés de clients, peinent à maintenir leurs activités et disent vivre une période difficile.

“La grève nous a beaucoup impactés. Avant, les voyageurs descendaient des véhicules et venaient acheter. Maintenant, il n’y a plus de clients”, confie un boutiquier préférant garder l’anonymat.
En plus de cette baisse de fréquentation, il faut souligner l’impact du coût du transport des marchandises depuis Kaolack, Dakar et Touba, certains commerçants affirmant être dans l’impossibilité de renouveler leurs stocks, en raison des surcoûts.
Les vendeuses de fruits (mangues, bananes, oranges) installées aux abords de la gare routière pointent le même constat après plus de dix jours de grève.
Elles déclarent subir des pertes importantes et appellent donc à une résolution rapide de la crise du secteur des transports routiers.
Au marché central de Kaffrine, l’ambiance est tout aussi morose. Yaya Coulibaly, un vendeur d’ustensiles de cuisine, note une forte baisse de fréquentation de son commerce.
“La plupart de nos clients viennent des départements comme Malem Hodar ou Koungheul. Avec la grève, ils ne peuvent plus se déplacer”, explique-t-il.
Certains clients, contraints de se déplacer malgré tout, en paient le prix fort. Une cliente venue de la commune de Boulel pour préparer un mariage affirme avoir déboursé une somme importante pour rallier Kaffrine.
Les vendeurs de produits alimentaires et autres produits divers ne sont pas épargnés. Mass Wilane, vendeur de lait caillé et d’eau, évoque une situation “préoccupante”, tout comme Amdy Diop, vendeuse de tissus.
Du fait de la hausse des coûts du transport, les commandes en provenance de Dakar ou de Touba deviennent difficiles à honorer.
Les vendeurs d’accessoires de téléphone subissent également les effets de la grève, se trouvant confrontés à la baisse de la demande et au renchérissement des frais de transport pour récupérer leurs marchandises venant de Touba.
Pendant ce temps, rien ne bouge à la gare routière de Kaffrine qui reste comme inanimée. Les chauffeurs, toujours en grève, campent sur leurs revendications.

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