SENEGAL-CONSOMMATION
Kaffrine, 23 fév (APS) – Le marché central de Kaffrine (centre) est confronté à une ‘’hausse progressive’’ des prix de certaines denrées alimentaires, au grand dam des ménages, en cette période de ramadan et de carême, le service régional du commerce assurant veiller, pour sa part, à une ‘’stabilité globale’’ des tarifs.
En cette matinée de forte chaleur, une foule nombreuse comprenant des femmes pour la plupart viennent s’approvisionner en diverses denrées de consommation courante. Des commerçants rivalisent d’adresse pour attirer la clientèle autour de leurs étals. Certains d’entre eux utilisent même des mégaphones.
Les étals croulent sous de grosses quantités de légumes et de poissons. De nombreux sacs de riz sont empilés dans les magasins.
Alioune Ndiaye, un délégué des commerçants du marché, affiche une mine radieuse, au milieu des sacs remplis d’oignons et de pommes de terre. Il assure que les prix en vigueur sont abordables.

Ici, l’oignon local est vendu entre 11 000 et 11 250 francs CFA le sac de 25 kilos. Le sac d’oignon importé de la même quantité coûte entre 12 750 et 13 000 francs. Le prix du sac de pommes de terre de 25 kilos varie entre 8 250 et 8 500 francs. Tous ces tarifs sont indiqués par Alioune Ndiaye. Le délégué des commerçants du marché central de Kaffrine remarque une légère hausse des prix de certaines denrées alimentaires dont les importations sont suspendues en vue de l’écoulement de la production locale.
Avant la suspension des importations, l’oignon importé se vendait entre 10 250 et 10 500 francs CFA le sac de 25 kilos. ‘’Le prix a un peu grimpé’’, dit M. Ndiaye.
Selon certains clients, l’oignon flambe à 14 000 francs par sac de 25 kilos dans certains points de vente. Chez les détaillants, le kilo revient aux consommateurs à 600 francs. Le sac de sucre de 50 kilos est vendu à 27 000, voire 28 000 francs.
Debout devant son étal, Badou Wilane s’inquiète que ‘’tout devient cher maintenant’’. ‘’Nous vendons le kilo à 1 750 francs CFA. Ça coûtait 1 000 francs CFA jusqu’à date récente’’, dit-il en montrant du doigt du poivron posé sur son étal. Le prix du kilo de patate douce est passé récemment de 1 100 francs à 1 560 francs le kilo, selon le commerçant.
Ces hausses contrarient la clientèle. Une femme, le panier à la main, raconte ses difficultés : ‘’Chaque fois que je viens au marché, j’y trouve une situation difficile. Les prix augmentent sans cesse. Nos revenus n’augmentent pas à ce rythme.’’

Le chef du service régional du commerce de Kaffrine, Younousse Diédhiou
Le prix de la viande, selon elle, est passé de 3 500 à 4 000 francs le kilo, le prix du panier de poisson a vite grimpé de 30 000, voire 32 000 francs, à 35 000 francs, dit-elle, inquiète.
‘’Malheureusement, on ne trouve même pas du poisson de bonne qualité. Le poisson nous vient souvent de Kaolack ou de Fatick. Quelquefois le tas de trois petits poissons coûte 600 ou 700 francs CFA’’, ajoute la même cliente, inquiète de devoir acheter des poissons de petite taille à 200 francs l’unité.
Le commissaire aux enquêtes économiques et chef du service régional du commerce de Kaffrine se veut rassurant, quant aux prix et à la disponibilité des denrées de consommation courante. Younousse Diédhiou signale que ‘’le marché est bien approvisionné’’. ‘’Les prix sont globalement stables’’, s’empresse-t-il d’ajouter.
Durant la semaine du 9 au 16 février, les commerçants kaffrinois ont acquis de nombreux stocks de marchandises, selon M. Diédhiou.
Le service régional du commerce évalue à 68 tonnes la quantité de riz parfumé arrivée dans la région au cours de la même période. Le sac de riz coûte entre 21 500 et 23 000 francs, le kilo étant vendu entre 500 à 550 francs, indique le commissaire aux enquêtes économiques.

Le président de la section régionale kaffrinoise de SOS Consommateurs, Dame Seck
Quant au riz ordinaire, il estime que 546 tonnes sont disponibles dans la région de Kaffrine, le sac étant vendu à 13 000, voire 14 000 francs, le prix du kilo variant entre 300 et 310 francs.
Le stock de riz américain dont dispose la région est de 567 tonnes, le prix du sac de 50 kilos variant entre 13 500 et 18 500 francs, celui du kilo entre 400 et 450 francs, selon M. Diédhiou.
En ce qui concerne l’oignon local, il affirme que le stock disponible dans la région est de 102 tonnes. Le sac de 50 kilos coûte entre 10 500 et 12 250 francs, indique le chef du service régional du commerce. Selon lui, le kilo coûte entre 400 et 500 francs. L’oignon importé, dont 44 tonnes sont disponibles dans la région, est vendu entre 12 250 francs et 13 000 francs le sac de 25 kilos, le prix du kilo s’élevant à 500, voire 600 francs.
Selon Younousse Diédhiou, la région de Kaffrine a reçu un stock de 3 492 bidons d’huile de 20 litres. Le fût de 20 litres est vendu à 18 000, voire 18 750 francs, le prix du bidon de 5 litres variant entre 5 500 et 6 500 francs.
‘’Il n’y a pas de flambée des prix’’
Cinquante tonnes de sucre cristallisé sont disponibles dans la région, selon Younousse Diédhiou. Le prix du sac de 50 kilos varie entre 27 500 et 29 000 francs. Le kilo est vendu à 610 francs. Selon le chef du service régional du commerce, 547 bouteilles de gaz butane de 2,7 kilos sont disponibles dans la région de Kaffrine et vendues à 1 570 francs l’unité. La bouteille de 6 kilos, avec un stock de 1 355 unités, est vendue à 3 320 francs.
M. Diédhiou assure que l’huile, le sucre et le gaz butane sont disponibles en quantité suffisante comme d’autres produits de consommation courante.
Dame Seck, le président de la section régionale kaffrinoise de SOS Consommateurs, se réjouit des efforts fournis par l’État pour la disponibilité en quantités suffisantes de ces denrées. ‘’Il n’y a pas de flambée des prix’’, dit-il, tout en relevant la ‘’hausse progressive’’ des prix du sucre. Il conseille au service régional du commerce de veiller à un contrôle strict des prix.
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