Jeux et paris en ligne : les bookmakers souhaitent un dialogue avec l’Etat sur les nouvelles taxes
Jeux et paris en ligne : les bookmakers souhaitent un dialogue avec l’Etat sur les nouvelles taxes

SENEGAL-SOCIETE

Dakar, 17 mars (APS) – Le collectif des sociétés de jeux et de paris en ligne agréés, regroupant Betclic, Service Online International, Betsen SARL, Acacia et Vikhreda, souhaite l’instauration d’un dialogue avec les autorités compétentes afin de garantir la pérennité de leur activité après l’instauration de redevances et autres taxes par le gouvernement, a-t-on appris mardi du président dudit collectif.  

“Nous appelons les autorités compétentes à mesurer la gravité de la situation et à ouvrir, sans délai, un cadre de dialogue constructif. Il est encore temps d’agir. Nous demandons simplement que ce cadre permette la pérennité des entreprises qui opèrent légalement”, a déclaré Seydi Barkham Thiam lors d’une conférence de presse, à Dakar.

Il a pointé, lors de cette rencontre avec les journalistes, l'”insoutenabilité des taxes dans le secteur des jeux en ligne au Sénégal”.

Le 1er janvier 2026, la redevance dont doivent s’acquitter les sociétés de jeux et paris en ligne auprès de la Loterie nationale sénégalaise (LONASE) a été portée à 30% et une nouvelle taxe fiscale de 20% sur les revenus des opérateurs instaurée.

Déplorant des mesures prises “unilatéralement, sans concertation ni négociation”, Seydi Barkham Thiam a souligné que l’addition de l’ensemble des prélèvements culmine à “128%”.

Or, a-t-il rappelé, les opérateurs supportaient déjà un ensemble de prélèvements significatifs, notamment une redevance de 15% au profit de la LONASE, 5% de redevance pour l’État, 7% de droits de timbre, théoriquement à la charge des parieurs mais assumés en pratique par les opérateurs, 18% de taxe sur la valeur ajoutée également supportée par les opérateurs et les commissions des centralisateurs de flux, en plus de 3,5% sur chaque dépôt et 3,5 % sur chaque retrait.

“Si nous parlons aujourd’hui, c’est par responsabilité. Nous ne cherchons ni privilège ni traitement particulier. Nous demandons simplement un cadre économique viable, clair, juste et soutenable”, a-t-il dit.

Selon lui, le secteur des jeux en ligne constitue aujourd’hui un écosystème économique réel, qui contribue à l’emploi, à l’innovation numérique et aux recettes publiques, mais “cet équilibre devient impossible à maintenir lorsque le niveau de taxation atteint un seuil qui dépasse largement la capacité économique des entreprises” de jeux et de paris en ligne.

Ces nouvelles mesures, a-t-il ajouté, “viennent alourdir davantage la pression fiscale au-delà de toute logique économique, rendant la situation de ces sociétés intenable”.

À ce rythme, estime le président du collectif des sociétés de jeux et de paris en ligne, c’est la disparition progressive des opérateurs légaux qui se profile avec une perte de recettes fiscales et parafiscales pour l’Etat, des pertes d’emplois et un marché exposé aux acteurs illégaux.

Plaidant pour un cadre de dialogue avec les autorités compétentes, Seydi Barham Thiam déclaré que le secteur des jeux et paris en ligne est “l’un des plus fortement taxés”, indiquant qu'”à aucun moment les opérateurs n’ont conservé 85% de leurs revenus pour eux-mêmes”.

NSS/ABB/BK