Investissements prioritaires : le gouverneur de Thiès privilégie la mobilité urbaine
Investissements prioritaires : le gouverneur de Thiès privilégie la mobilité urbaine

SENEGAL-COLLECTIVITES-DEVELOPPMENT

Thiès, 12 mars (APS) – Le gouverneur de la région de Thiès Saër Ndao a insisté, mercredi, sur le caractère prioritaire de la mobilité urbaine dans le cadre des investissements qui devraient être réalisés à Thiès, en guise de ”retombées” de la délocalisation de la fête du 4-Avril dans la cité du rail.

”En termes d’investissements, aujourd’hui dans la région de Thiès, tous les secteurs ont besoin d’un coup de pouce, mais s’il s’agit de mettre en pôle position un secteur, je vais insister sur la mobilité urbaine”, a dit Saër Ndao, dans un entretien avec l’APS, en prélude à la fête nationale de l’indépendance.

Pour lui, la mobilité est la voie pour valoriser les différents équipements déjà existants. Elle est ”la porte d’entrée […] l’intrant de qualité qui permet d’avoir des extrants de développement”, a-t-il dit.

Il a indiqué, à titre d’exemple, que l’accès à l’hôpital Seydi Hadji Malick Sy de Tivaouane, malgré un plateau technique très relevé, pose problème pour un malade qui doit quitter Thiès, en raison d’une mobilité urbaine assez réduite. ”Tout peut arriver pour ce malade”, en raison d’une route dépassée par le flux de véhicules, dit-il.

Thiès étant placée à une position stratégique, doit bénéficier d’une connectivité aussi bien à l’interne que vers les autres régions du pays, préconise le responsable de l’exécutif régional.

”C’est à partir de Thiès qu’on arrose le Sénégal, parce que les autoroutes partent de Thiès pour aller vers Touba, Fatick, Saint-Louis”, a-t-il justifié, estimant que ”si on ne règle pas le problème de la mobilité au niveau de Thiès, cette connectivité n’aura pas de sens”. ”L’hôpital qu’on a mis là-bas, quel que soit son niveau, ne pourra pas servir, sans une bonne mobilité”, a-t-il insisté.

”Si on ne peut pas quitter Keur Madaro ou Mbour 4 pour aller étudier à l’ISEP [Institut supérieur d’études professionnelles], de l’autre côté de la ville, cette infrastructure n’atteindra pas son utilité optimale. Quel que soit notre niveau de développement, la mobilité est primordiale et transversale’’, a-t-il relevé.

La ville de Thiès, a fait ”un pas” avec l’installation depuis le début de l’année, de feux de la circulation, a-t-il fait remarquer. La mobilité est devenue un problème parce qu’ ”une fois arrivé à Thiès, vous ne bougez plus […]”, poursuit M. Ndao, soulignant que la région de Thiès dessert les grands foyers religieux comme Tivaouane, Nimzatt,.etc.

”Quelle est l’utilité de mettre en place un dispositif de développement cohérent à un niveau très élevé de l’autre côté de la ville, si on ne parvient pas à régler la connectivité [qui] passe forcément par la mobilité”, s’est-il encore demandé.

Il insiste sur le fait que la première préoccupation de la région est de régler la mobilité, pour ”permettre à tous types de transport de circuler convenablement pour atteindre leur destination en temps réel”. ”Cette mobilité passe non seulement par les routes, mais un système de transport adapté au 22-ème siècle”, a dit Saër Ndao.

Pour lui, le développement du transport des mototaxis Jakarta s’explique par l’absence d’alternative. Un autre aspect de cette mobilité est de procéder à un aménagement de la ville, avec des espaces dédiés, respectivement aux habitations, à l’horticulture et aux autres métiers a-t-il indiqué.

*Les autorités veulent une urbanisation maîtrisée à Thiès Ville nouvelle*

Le pojet ”Thiès Ville nouvelle”, s’inscrit justement dans cette dynamique. Les autorités veulent y instaurer une ”urbanisation maîtrisée” où différents secteurs d’activité seront installés, sans que cela ne porte atteinte à l’environnement au cadre de vie.

Elles veulent en faire, a-t-il laissé entendre, ”une ville qui se développe, qui respire, qui n’est pas sujette à des encombrements”. Thiès, en tant que région minière, a besoin de routes. Entre Thiès et Mboro qui est une zone minière, en passant par Tivaouane, le trafic des camions a ”dépassé le dimensionnement des routes”, a-t-il signalé.

”C’est des routes qui ne peuvent pas durer, parce qu’on n’a pas maîtrisé le volume du trafic”, souligne le gouverneur, évoquant les pistes de production, terme auquel il dit préfèrer celui de ”pistes d’accès”, en ce sens qu’au-delà des sites de production, elles desservent aussi des équipements et localités.

Pour le gouverneur de Thiès, la région confortera sa position de hub, la fin des travaux du port de Ndayane. ”Quand on aura fini le port de Ndayane, souligne-t-il, on aura en main les trois modes de transport pour entrer dans une ville: terrestre, maritime et aérien”, se réjouit-il.

”Une ville qui a tout ça, devient un hub stratégique”, poursuit M. Ndao, qui fait remarquer que ”de toutes les régions du Sénégal, Thiès est la seule qui s’ouvre sur la Grande Côte et la Petite Côte”. Ce qui lui donne une ouverture sur le Sénégal, l’Afrique et le monde, et justifie qu’elle soit placée ”en pôle position”.

”Développer Thiès, c’est arroser le Sénégal en termes de développement territorial”, de la même manière que ”bloquer Thiès aura un impact négatif sur toutes les autres régions, parce tout quitte Dakar pour transiter [par Thiès] vers l’intérieur du pays et on ne peut pas sauter Thiès”, argumente-t-il.

C’est dans cette perspective que l’on doit comprendre que ”la délocalisation de l’aéroport et du port n’est pas fortuite”, commente Saër Ndao. Il considère que Thiès, qui est aussi l”’arrière garde de Diamniadio”, qui est le centre d’affaires, ”a tout pour se développer’’, pourvu qu’elle bénéficie d’un accompagnement en termes d’infrastructures.

ADI/ADC