AFRIQUE-MONDE-CRIMINALITE
Dakar, 27 août (APS) – Interpol, Organisation internationale de la police criminelle, a annoncé l’arrestation de 58 personnes et l’identification de 263 suspects dans le cadre d’une opération visant les groupes de crime organisé d’Afrique de l’Ouest.
L’opération dénommée Jackal IV, à laquelle 22 pays de six continents ont pris part entre novembre 2025 et juin 2026, visait à lutter contre le blanchiment d’argent, identifier des cibles de grande valeur, saisir des actifs et soutenir les arrestations et poursuites, indique Interpol.
L’Organisation internationale de police criminelle souligne dans un rapport publié sur son site que l’opération constituait une réponse à la menace mondiale croissante posée par les réseaux criminels ouest-africains – tels que la Hache Noire et d’autres groupes similaires.
“Ces groupes sont responsables d’une part importante de la fraude financière cyber-alimentée dans le monde, généralement via des arnaques amoureuses, des arnaques aux cryptomonnaies et à l’investissement”, estime Interpol.
Elle évoque également des fraudes à la compromission par courriel professionnel et d’autres crimes graves et violents.
Interpol assure dans le cadre de cette opération avoir facilité la coordination transfrontalière et le partage de renseignements, mené des analyses, soutenu les activités opérationnelles et fourni des formations spécialisées pour renforcer les enquêtes internationales sur le blanchiment d’argent.
“L’opération Jackal IV démontre la puissance de la coopération internationale. En suivant des flux financiers illicites à travers les frontières, nous attaquons le sang même du crime organisé et rendons de plus en plus difficile pour les réseaux criminels de tirer profit de leurs activités”, a réagi Tomonobu Kaya, le directeur du Centre d’Interpol contre la criminalité financière et la lutte contre la corruption.
Interpol souligne par ailleurs avoir pu, au-delà des cas individuels, analyser des tendances critiques et émergents, par le biais de cette opération, en lien avec l’augmentation des groupes de crime organisé ouest-africains utilisant la sextorsion pour cibler les mineurs, avec des victimes aussi jeunes que 14 ans.
“Les délinquants contactent généralement les mineurs via les réseaux sociaux, instaurent la confiance et les contraignent à partager des images ou vidéos explicites. Ils menacent ensuite de distribuer ce matériel aux contacts de la victime à moins qu’une rançon ne soit payée”, fait-elle savoir.
Interpol révèle également que certains de ces syndicats criminels ont été observés en train de se procurer du “Crime-as-a-Service” auprès de prestataires externes, souvent via le dark web, pour externaliser des activités clés comme le blanchiment d’argent et d’autres opérations critiques.
AKS/BK
