SENEGAL-FINANCES-STRATEGIE
Dakar, 23 mars (APS) – Le développement de synergies entre les entre les jeunes, les institutions financières et l’Etat devrait contribuer à une plus grande inclusion financière, tout en prenant en compte les préoccupations des acteurs de l’écosystème, a déclaré, lundi, à Dakar, le médiateur des banques au sein de l’Observatoire de la qualité des services financiers (OQSF), Banda Diop.
“Il faut impérativement développer des synergies entre les jeunes, les institutions financières et l’Etat. Cela permettra entre autres d’aider les jeunes à trouver des garanties pour les start-up. Il est important d’avoir un système de protection performant des usagers pour parer à tout risque surtout d’arnaque. Le développement de produits adaptés et appropriés par les banques peut aider les jeunes à développer leurs activités”, a-t-il dit.
M. Diop prenait part au lancement officiel “Global Money Week”, une campagne annuelle visant à sensibiliser les jeunes à une meilleure culture financière. “L’argent, osons en parler” est le thème de cette manifestation.
Banda Diop a souligné l’importance de disposer d’une cohorte de formateurs pour enseigner dans les différents établissements de commerce, finances et dans d’autres domaines connexes.
“Il faut apprendre, épargner pour gagner”, a-t-il dit, avant de lister les difficultés auxquels sont confrontés les jeunes dans ce domaine.
“Les jeunes n’ont pas accès aux ressources. Ils ont une méconnaissance des types de crédit et du fonctionnement des crédits surtout les taux standards et les taux directeurs”, a ajouté l’expert financier.
Selon lui, cette situation peut s’expliquer par le fait que les institutions financières ne communiquent pas beaucoup sur les modules de formation pour le fonctionnement d’un crédit bancaire.
Il note dans ce sens que “le taux effectif global intègre les frais de gestion, d’où l’intérêt d’avoir une discipline financière afin d’éviter le surendettement”.
Il relève également “une méconnaissance liée aux retards de paiement des frais associés au crédit qui entrainent des frais supplémentaires”.
“Les banques font des efforts mais certains produits ne sont pas adaptés aux jeunes. Les jeunes évoluent dans les start-up qui sont dans la digitalisation et l’innovation. La digitalisation fait face aux dispositifs classiques, d’où l’intérêt pour les jeunes évoluant dans des start-up d’avoir des garanties et de bons business plans”, a expliqué Banda Diop.
Il a insisté sur la nécessité de former davantage les jeunes à l’inclusion financière, tout en souhaitant que l’éducation financière soit intégrée dans les curricula de formation d’ici 2027.
“L’argent intelligent parle. Il devient un levier d’autonomisation. L’éducation financière est importante pour relever les défis. Il constitue un outil de promotion inclusif. C’est pourquoi il est important de développer des initiatives comme Global Money Week”, a pour sa part souligné Nicole Kpogue, experte en inclusion financière à GIM UEMOA, Groupement interbancaire monétique de l’Union économique et monétaire ouest africaine.
Les coûts financiers restent élevés, ce qui empêche les jeunes d’accéder au financement, a-t-elle signalé, ajoutant que cette situation fait passer cette question “d’un problème d’accès à un problème d’usage qualité des services financiers”.
NSS/BK

