Immersion de 72 heures chez les commandos, force et esprit de lion
Immersion de 72 heures chez les commandos, force et esprit de lion

SENEGAL-ARMEE-REPORTAGE 

Par Hamath KANE

Dakar, 2 avr (APS) – Le 1er Bataillon de commandos, installé à Thiès, sera encore une grande attraction du défilé du 4 avril délocalisé dans la capitale du rail. Cette unité d’élite des armées rugit partout sur les théâtres d’opération. Durant 72 heures, elle a ouvert ses portes aux équipes de l’Agence de presse sénégalaise.

A Thiès, sur la Voie de contournement nord (VCN), quelques coups de marteau sur des ouvrages inachevés sont noyés par les cris gutturaux des recrues militaires en blouson. Ici, c’est leur quartier général !

L’immense Camp militaire Joseph Louis Tavarez Dasouza de Thiès abrite, entre autres, le 1er Bataillon de commandos (BATCODOS) de l’armée sénégalaise créé le 1er février 1963, une des unités de réserve générale (URG) qui impressionne par ses performances remarquables. Le Bataillon de commandos, devenu 1er Bataillon de commandos, est composé de quatre compagnies : la 1ère compagnie commandos (Parachutiste), la 2ème compagnie commandos (Nautique), la 3ème compagnie commandos (La spéciale/Sous-bois) et la 4ème compagnie commandos (Montagne), opérationnelle depuis 2022.

La devise ‘’Goor fit’’

Le camp du 1er Bataillon de commandos a pour parrain Lieutenant Mamadou-Konté, tombé lors de l’opération Fodé Kaba 2, du nom l’intervention de l’armée sénégalaise en Gambie après le coup d’Etat orchestré par Kukoy Samba Sagna qui retient en otage la famille du Président Daouda Keiraba Jawara en 1981.

Immersion de 72 heures chez les commandos, force et esprit de lion

Ici, l’ambiance est rythmée par des garde-à-vous ou des coups de bouc incessants des commandos dopés par la devise ‘’Goor fit’’ et le symbole, le lion. Le jeune lieutenant Thiam, béret marron comme tous les commandos, conduit l’équipe de l’Agence de presse sénégalaise (APS), en tournage, au poste de commandement. Le colonel Marius Gana Faye, le chef de corps de cette unité fermée, reçoit dans un esprit d’ouverture.

Patrouille, intervention opérationnelle rapprochée, intervention rapide, infiltration, exfiltration, renseignement, sauvetage, libération d’otages…, les opérations spéciales dans les zones littorales, forêts, savanes, zones semi-désertiques, milieux urbains, etc., sont le lot de ces militaires. Ce qui exige des entrainements spécifiques combinant résistance et force.

Le commando, une école de management

Arme, chasuble, lunettes de tirs, gilet tactique, tenue camouflet, chargeurs de minutions et trousse d’urgence pour soins, cagoule, grenade, fumigènes, eau et vivres… Le commando est une maison ! Appelé à intervenir dans des zones en profondeur, son EPI (équipe de protection individuel) assure son autonomie.

Ses missions, dangereuses et considérées comme ‘’perdues d’avance’’, sont de véritables leçons de vie mettant en avant les valeurs de partage d’informations, de solidarité, de confiance entre camarades, de cohésion.

Immersion de 72 heures chez les commandos, force et esprit de lion

De la réussite ou de l’échec dépend du management, qu’on peut appeler ici la coordination des actions par le chef de corps qui doit ‘’voir clair, décider vite et manœuvrer juste’’. Comme cela a toujours été le cas dans de nombreux théâtres d’opérations extérieures (au Sinaï, en Arabie Saoudite, au Libéria, en République démocratique du Congo, en République centrafricaine, en Côte d’Ivoire, au Soudan, en Guinée-Bissau, au Mali) et sur le plan national (en Casamance au cours des opérations Foudre, Leeral, Ginarou, Nord Sindian et Nord Bignona…).

Il y a aussi le culte de la détermination par les autres devises comme ‘’Ne jamais abandonner, toujours recommencer’’.

Les noms de guerre

La sensibilité des missions et le mythe de ce corps d’élite dictent les anonymats, les noms de guerre donnés aux commandos. Barbe longue et blanche de sagesse, taille imposante de sa puissance, lunettes noires de mystère, ‘’Volcan’’ impressionne. ‘’Vous avez un surnom méchant’’, lui fait-on la remarque. ‘’Mais non, regardez toutes les richesses qu’il y a sous le volcan !’’, rétorque le commando. ‘’Mais, attention, au réveil du volcan’’, ajoute-t-il, le sourire… volcanique !

Immersion de 72 heures chez les commandos, force et esprit de lion

Rangers, lui, est le ‘’Joseph Ndiaye’’ du 1er Bataillon de commandos. Après près de 30 ans dans cette ‘’maison’’, il est la mémoire et le gardien des traditions, récitant les symboles, les ruelles, les parrains, les hauts faits et les noms des hommes ayant honoré le béret marron. C’est un Lion à la mémoire d’éléphant !

Maîtres de l’eau à Ngor

Ces commandos savent faire souffler l’orage- leur chant de gloire- sur l’ennemi. Et le champ lexical est révélateur des rafales et du tonnerre de feu de ces hommes.

Immersion de 72 heures chez les commandos, force et esprit de lion

Avec leur centre d’entrainement tactique basé à Ngor, un héritage des Français depuis 1976, Capitaine Ndiaye et ses hommes sont des maitres de l’eau avec leurs flotteurs pneumatiques pour des opérations spéciales d’exfiltration, de capture ou autres.

Le 4 avril, les commandos défileront à Thiès, les cris dopants, la cadence ralentie qui leur est propre, aux côtés des autres corps de l’armée.

HK/HB/OID/MTN