SENEGAL-COMMERCE
Dakar, 21 avr (APS) – Le secrétaire d’État chargé du Développement des petites et moyennes entreprises et des petites et moyennes industries (PME/PMI), Ibrahima Thiam, a plaidé, mardi, à Dakar, pour un renforcement des partenariats noués par les enseignes commerciales étrangères avec les entreprises agroalimentaires sénégalaises.
Ces partenariats peuvent contribuer à la constitution d’une économie compétitive et capable d’assurer la souveraineté alimentaire du pays, a-t-il dit lors d’un atelier d’évaluation du protocole d’accord-cadre liant ces deux parties.
L’atelier réunit des responsables du projet Team Europe Initiative Agropole Centre, de l’Agence de régulation des marchés (ARM) du Sénégal et de l’Agence belge de coopération internationale, Enabel.
Des représentants d’enseignes commerciales étrangères et de PME/PMI agroalimentaires locales y prennent part.
Ibrahima Thiam a insisté sur la nécessité de ‘’moderniser les circuits de distribution et de renforcer l’intégration des PME/PMI dans les chaînes de valeur, afin de promouvoir durablement le consommer local’’.
‘’Dans cette perspective, nous espérons que la relation entre les deux parties pourrait s’améliorer, à condition que chacun s’efforce de respecter ses engagements’’, a-t-il dit, ajoutant : ‘’Nous sommes conscients qu’il nous faut un cadre réglementaire pour organiser l’ensemble du dispositif commercial qui régit les relations entre ces deux parties.’’
Le secrétaire d’État chargé du Développement des PME/PMI dit être optimiste quant à l’avenir des partenariats noués par les surfaces commerciales étrangères avec les petites et moyennes entreprises agroalimentaires sénégalaises.
Ibrahima Thiam invite les PME/PMI à diversifier leurs produits et à respecter les normes d’hygiène et de santé. Le respect de ces règles est non seulement un gage de compétitivité pour elles, mais aussi de durabilité de leur collaboration avec les enseignes commerciales étrangères, d’après lui.
Des ‘’échanges transparents, justes et équilibrés’’
‘’Une PME qui évolue dans le secteur agroalimentaire, aux côtés des grandes surfaces, se doit d’être compétitive, conforme aux normes et capable de diversifier ses offres pour s’imposer sur le marché et dégager des marges viables. Cette question a été abordée lors de l’atelier. Je crois que les PME en sont conscientes’’, a dit M. Thiam.
‘’Des efforts restent à faire pour améliorer leurs performances et pérenniser leurs relations commerciales’’, a-t-il souligné.
Le secrétaire d’État a assuré les PME/PMI agroalimentaires locales de la volonté des pouvoirs publics de les aider à satisfaire à ces critères.
Ibrahima Thiam a relevé quelques contraintes, dont ‘’les remises de fin d’année, les coûts logistiques, les délais de paiement quelquefois non respectés et les exigences de conformité aux normes’’. Ce sont des difficultés ayant ‘’un impact réel sur la trésorerie des entreprises, qui sont souvent déjà fragilisées par des marges réduites’’, a-t-il signalé, demandant aux PME/PMI agroalimentaires sénégalaises et aux enseignes commerciales étrangères d’entretenir un dialogue franc et constructif.
Le protocole d’accord-cadre, qui date de 2024, sert à structurer les relations commerciales entre les grandes surfaces et les fournisseurs locaux. Il est utilisé pour faciliter l’accès des produits sénégalais aux circuits de distribution.
Le protocole d’accord-cadre favorise en même temps les pratiques commerciales équilibrées et transparentes.
Le directeur général de l’ARM, Babacar Sembène, a rappelé les progrès résultant de la concertation des deux parties. ‘’Il n’existait pas de communication formelle entre [elles]. Aujourd’hui, ce cadre de concertation inclusif a permis de rapprocher les positions et de mieux comprendre les contraintes de chacun’’, a-t-il signalé.
M. Sembène estime que le protocole d’accord-cadre est ‘’le résultat d’un […] dialogue fondé sur un engagement commun en faveur de la transparence et de la responsabilité’’.
Il reste à éviter ‘’les déséquilibres commerciaux’’, à respecter ‘’les délais de paiement’’ et à pallier ‘’les difficultés d’accès aux rayons’’ des produits locaux, d’après le directeur général de l’ARM.
Un outil de développement des filières agroalimentaires locales, de création d’emplois ‘’décents’’
‘’Notre mission n’est pas de contraindre mais d’accompagner et de structurer le marché’’, a-t-il précisé, estimant que la grande distribution est un véritable levier de promotion pour les entreprises agroalimentaires locales.
L’atelier est organisé par le Groupe d’initiatives pour un développement intégré (GINDI). C’est une continuité des concertations entamées en 2024 pour faciliter l’accès des produits sénégalais aux circuits de distribution.

‘’Depuis 2024, nous discutons pour aboutir à un protocole d’accord, à un consensus entre les grandes surfaces et les PME agroalimentaires. Nous allons faire de même aujourd’hui : échanger, parler des difficultés des fournisseurs et des contraintes des clients’’, a expliqué la directrice exécutive du GINDI, Maguette Seck Diallo.
‘’Nous aurons des échanges transparents, justes et équilibrés, qui nous permettront de réajuster le protocole’’, espère-t-elle.
Mme Diallo propose l’instauration d’un outil plus formel qu’un simple protocole d’accord-cadre. ‘’Ce serait souhaitable d’aller vers un document beaucoup plus officiel qu’un simple protocole : un arrêté ministériel, par exemple’’, a-t-elle suggéré.
Le plafonnement de la remise de fin d’année à 5 % et la fixation du seuil d’éligibilité des PME/PMI à un chiffre d’affaires de 200 millions de francs CFA font partie des sujets de discussion de l’atelier.
Les recommandations à faire permettront de mettre à jour le protocole d’accord-cadre et d’élaborer une ‘’feuille de route’’.
Ce texte va servir d’outil de développement des filières agroalimentaires locales, de création d’emplois ‘’décents’’ et de
renforcement de la souveraineté alimentaire sénégalaise, selon un document de presse remis aux journalistes.
TAB/ESF

